Pour moins d’un euro par an, le DNS Anycast booste l’accès aux pages web

Derrière cette appellation cryptique se cache une option des noms de domaine qui deviendra très certainement incontournable, tant son apport est grand comparé à son coût dérisoire. En répliquant les enregistrements DNS au sein de 20 points dans le monde, la technique du DNS Anycast proposée par OVH.com depuis début août améliore le temps d’accès et la disponibilité des pages web. Explications avec Damien Leflon, responsable des noms de domaine chez l’hébergeur.

Damien Leflon, responsable des noms de domaine chez OVH.com.

Retour sur le fonctionnement du DNS

Lorsqu’un visiteur souhaite se rendre sur un site web, il en saisit l’adresse dans un navigateur. Ou clique sur le lien affiché par un moteur de recherche. Dans les deux cas, ce dont il a connaissance, c’est le nom de domaine du site. Or, la machine qui héberge ce site est identifiée par une adresse IP, sous la forme 123.123.123.123. D’où l’existence du service dénommé Domain Name System (DNS), qui a notamment pour mission de traduire un nom de domaine en une adresse IP, grâce à un annuaire décentralisé constamment mis à jour. « En pratique, le navigateur de l’utilisateur envoie une requête à un serveur contenant la base de données des enregistrements DNS, explique Damien. Ce serveur DNS indique alors au navigateur l’adresse IP du serveur, avec lequel il traitera ensuite directement pour rapatrier les données et afficher les pages. Dans le cadre d’un fonctionnement classique, les enregistrements DNS sont localisés en un seul endroit : celui où est physiquement hébergé le serveur DNS. » En l’occurrence, ces serveurs – car ils sont plusieurs dizaines à effectuer cette tâche pour les noms de domaine gérés par OVH.com – sont situés en France, et plus précisément à Roubaix et Paris.

Une résolution DNS au plus près des visiteurs pour réduire la latence

Pour l’internaute situé non loin de ces serveurs, l’interrogation de ceux-ci s’effectue quasi-instantanément. Mais si le visiteur se trouve à l’autre bout du monde, cet aller-retour d’informations préalable à la consultation de la page web prend davantage de temps : « jusqu’à 600 millisecondes pour un visiteur sud-américain et à peine moins pour un visiteur en provenance de Hong Kong ». Résultat : l’accès au site est ralenti, ce qui peut rebuter le visiteur potentiel. « Au-delà des trois secondes de chargement, le taux de sortie peut dépasser les 40 %. Alors, pour contourner cette difficulté, OVH a appliqué la technique de l’anycast à la résolution DNS, l’anycast consistant à router les données vers le serveur le plus proche. »
Concrètement, cela consiste à dupliquer systématiquement les enregistrements DNS au sein de 20 points de présence (PoP) du réseau fibré mondial d’OVH : à Toronto, Chicago, Dallas, Newark, San José, Ashburn, Atlanta, Los Angeles, Miami, Seattle, Francfort, Madrid, Paris, Milan, Amsterdam, Varsovie, Londres, Hong Kong, Tokyo et Singapour. Ainsi, le visiteur est dirigé de façon tout à fait transparente vers le serveur DNS le plus proche en terme de chemin réseau afin que sa requête soit résolue en un temps record. « En n’importe quel point de l’hémisphère nord, nous parvenons à être sous la barre des 20 millisecondes, se félicite Damien. Cela s’explique par les points de présence plus nombreux que chez la plupart des autres fournisseurs de DNS Anycast, et par la qualité du réseau OVH. »

Une disponibilité améliorée

Effet collatéral de la réplication des bases de données DNS en différents points du globe : si l’un des serveurs DNS est temporairement indisponible, le second serveur le plus proche prend naturellement le relais. « Dans une configuration classique, il y a deux ou trois serveurs DNS capables de répondre à la requête d’un internaute pour un nom de domaine. Avec le DNS Anycast, il y en a deux dans chacun des 20 points de présence, soit un total de 40 serveurs DNS opérationnels », détaille Damien. « Donc la conversion de votre nom de domaine en adresse IP sera toujours assurée, quoi qu’il arrive. »

Fort de ces atouts, le DNS Anycast OVH, proposé au prix de 0,99 euros HT par an* et par domaine, sans limite de requêtes ou de trafic, est promis à un beau succès. D’autant qu’il peut être déployé en 15 minutes depuis le Manager, d’un simple clic. « Avec plus de 3 millions de noms de domaine enregistrés par OVH, le potentiel est énorme », assure Damien. D’ores et déjà, plus de 50 000 d’entre eux profitent de cette petite révolution, parfaitement complémentaire d’une solution comme le CDN dont le but est de rapprocher le contenu des utilisateurs…

* Le DNS Anycast est inclus sur le domaine offert dans le cadre des nouvelles offres d'hébergement web.