RunAbove, les développeurs parlent aux développeurs

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En avril 2014, le groupe OVH a lancé RunAbove, une offre de cloud public haute performance destinée aux développeurs et aux devops. Rencontre avec trois architectes de cette nouvelle marque : Adélaïde Moulière, Maxime Hurtrel et Pierre Ourdouillé.

équipe RunAbove, de gauche à droite : Maxime Hurtrel, Adélaïde Moulière et Pierre Ourdouillé.
De gauche à droite : Maxime Hurtrel, Adélaïde Moulière et Pierre Ourdouillé.

Comment avez-vous eu l’idée de créer RunAbove ?

Adélaïde Moulière : Sur le marché du cloud, les développeurs sont des personnes qui, en plus des ressources, ont besoin d’un accompagnement spécifique. Et ils ne se retrouvent pas forcément sur le site OVH.com. Nous avons donc voulu nous adresser à eux différemment, tout en nous appuyant sur les points forts du groupe OVH comme son réseau et son hardware.

Maxime Hurtrel : L’arrivée des profils «  devops  » a également changé la donne : le développeur pense aussi à la mise en production de son application, voire en a la charge. Mais il n’a pas envie de faire tout le travail des administrateurs systèmes. RunAbove est alors la solution ultime : les devops n’ont pas à se soucier des contraintes du hardware, tout en ne sacrifiant pas les performances.

 

Mais pourquoi créer une marque indépendante ? L’offre de RunAbove n’avait-elle pas sa place sur OVH.com ?

Pierre Ourdouillé : RunAbove marque l’adaptation du groupe OVH à une nouvelle ère informatique. Sans connaître le métier d’administrateur systèmes, nos clients peuvent orchestrer des infrastructures «  scalables  » haute performance, à partir d’une ou de plusieurs centaines de machines virtuelles (VM). Pour répondre aux besoins de cette cible différente, nous avons donc créé une identité différente. Avec une équipe indépendante dans ses choix et sa manière d’opérer.

« Sans connaître le métier d’administrateur systèmes, nos clients peuvent orchestrer des infrastructures « scalables » haute performance »

Qui sont les gens derrière RunAbove ?

A. M. : C’est une équipe de 14 personnes, multiculturelle et multilingue, basée en Pologne (Wrocław), en France (Brest, Roubaix), ainsi qu’au Canada (Montréal). La plupart de ces passionnés ont participé au succès d’hubiC, une autre marque du groupe OVH. L’une de nos autres forces, c’est qu’il n’y a pas de «  casquettes  », avec les programmeurs d’un côté et le marketing de l’autre. Ici, les développeurs parlent aux développeurs.

 

En quoi RunAbove se distingue-t-il des autres offres de cloud public ?

A. M. : Plusieurs entreprises sont sur ce créneau, mais les performances sont rarement au rendez-vous. Surtout, ces sociétés ne répondent qu’à une partie des besoins, avec des offres centrées sur le calcul (fourniture de VM). Alors que RunAbove propose aussi du stockage et, au cours des prochains mois, de plus en plus de produits pour faire de l’«  orchestration  » (gestion automatisée d’infrastructures complexes, NDR).

M. H. : Quant au leader mondial du cloud public, difficile de comprendre ses tarifs. C’est plein de «  et si, et si, et si…  ». Il existe même un business autour de ça, avec des solutions payantes pour simuler des devis ! RunAbove offre, lui, une tarification simple. Les utilisateurs peuvent se projeter dans le temps et savoir combien leur service va leur coûter à la fin du mois.

 

Comment garantissez-vous les performances de RunAbove ?

P. O. : Il n’y a qu’une seule VM par host physique. C’est ce qui permet même à certains clients d’obtenir de meilleures performances comparées à celles d’un serveur dédié. Et ce, avec les atouts de la virtualisation : haute disponibilité, reprise d’activité rapide, API compatible OpenStack, etc.

 

Pourquoi ce choix d’OpenStack pour gérer l’infrastructure de RunAbove ?

M. H. : OpenStack s’est vite imposé comme l’outil de référence. Nous avons volontairement fait le choix de l’open source et nous comptons participer activement à cette communauté.

A. M. : Ces technologies sont aussi appréciées parce qu’elles sont standardisées et interopérables. Un utilisateur peut facilement basculer ses données chez nous, et inversement.

P. O. : Sans oublier que nous avons une bonne connaissance d’OpenStack avec le développement d’hubiC. Car ce n’est pas parce que nous créons une marque que nous devons repartir de zéro : notre «  object storage  » compte déjà plus de 2 milliards d’objets en production !

Quelles sont les principales nouveautés à venir ?

M. H. : Nous proposons du cloud IaaS, mais nous nous dirigeons vers le PaaS. C’est une forte demande de nos utilisateurs. L’objectif est d’être compatible avec toutes les technologies permettant aux développeurs d’accéder facilement à une plateforme personnelle de PaaS. Côté services, nous allons offrir de nouvelles fonctionnalités réseau avancées, comme de la haute disponibilité avec IP flottantes.

A. M. : Nous préparons aussi un service de «  cold storage  », destiné à l’archivage des données. Nous nous distinguerons encore par des prix très agressifs et une facturation claire.

Vous avez annoncé la prise en charge de Docker, un système de containers logiciels. Quel en est l’intérêt ?

A. M. : Les technologies actuelles permettent à un développeur de ne plus se demander si son application va s’adapter à un serveur physique, une instance ou autres. Il fait abstraction de tout ça. Docker offre en plus la possibilité de faire abstraction du fournisseur d’infrastructures. Cela facilite encore davantage l’orchestration.

M. H. : Concrètement, le développeur emballe son application avec toutes les couches logicielles en dessous : la bonne version de Ruby, la bonne gem de Ruby on Rails… bref, tout son environnement. Après, comme dans le transport maritime, il embarque ses containers sur les bateaux de son choix. Il peut par exemple les répartir chez deux fournisseurs, l’un en Europe et l’autre en Asie, pour mieux se rapprocher de ces deux marchés. Tout cela sans rien repackager.