OpenStack Summit 2015 de Tokyo : OVH se réjouit de l’évolution du projet vers l’usage Public Cloud

Temps de lecture estimé : 6 minute

*Attention, ce contenu a été publié il y a 2 années. Il n'est peut-être plus d'actualité.*

Le rassemblement biannuel de la communauté OpenStack s’est déroulé au Japon du 27 au 30 octobre. L’équipe technique en charge de l’offre Public Cloud chez OVH.com a pris part à l’événement en tant qu’ « Ops », terme désignant les opérateurs du projet open source. Compte rendu des tendances en compagnie de Jean-Daniel Bonnetot, administrateur système spécialisé OpenStack chez OVH.

#WeAreOpenStack : à l’OpenStack Summit 2015 de Tokyo, OVH se réjouit de l’évolution du projet dans le sens du Public Cloud

L’époque où il était indispensable de présenter OpenStack est révolue. Ce projet est aujourd’hui mondialement connu, comme le reflète la diversité des contributeurs et des utilisateurs. Voilà en substance le message porté par Jonathan Bryce, directeur exécutif de la fondation OpenStack en ouverture de ce Summit. Les PME comme les grandes entreprises sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à adopter OpenStack, pour des projets en production. Les early adopters ne sont plus seuls. Cinq ans après la naissance d’OpenStack, on peut qualifier son utilisation de massive.

Plus de 5 000 personnes ont assisté à l'OpenStack Summit de Tokyo, originaires de 56 pays et 736 entreprises.

Grâce au Big Tent, OpenStack s’enrichit à grande vitesse

L’accélération de ces derniers mois doit beaucoup à l’ouverture à toutes les initiatives open source gravitant autour d’OpenStack, au sein du « Big Tent ». Sous cette appellation sont rassemblés des projets périphériques au core d’OpenStack, mais néanmoins adoubés par le Technical Committee sur la base de plusieurs critères : l’alignement avec la mission d’OpenStack, l’existence d’une équipe supportant le projet, la conformité avec le worflow d’OpenStack, l’interopérabilité avec les autres projets, et enfin le respect des quatre « Open » : Open Source, Open Design, Open Community, Open Development. On trouve parmi ces projets qui enrichissent la couverture fonctionnelle d’OpenStack une initiative française intéressante. Il s’agit du module de facturation et d’analyse des coûts d’usage dénommé CloudKitty , porté par la société toulousaine Objectif Libre. On retrouve également au sein du Big Tent des projets tels que Magnum ou Kuryr, consacrés à la conteneurisation (nous y reviendrons plus tard).

OpenStack Liberty : le projet a atteint l’âge adulte

Chaque Summit est également l’occasion de célébrer la sortie de la nouvelle release, fruit du travail des six derniers mois. Douzième version d’OpenStack, Liberty porte le nombre de lignes de code du projet à 4 millions (ce qui le place entre un drone militaire américain et PhotoShop CS6 d’après cette infographie ). Cette release charrie son lot de nouveautés, mais – il faut le noter – celles-ci sont moins nombreuses que dans les releases précédentes. Et pour cause : les mots d’ordre actuels sont stabilité et optimisation. Cela constitue un tournant dans l’histoire d’OpenStack, qui entre dans l’âge de la maturité. On constate au sein de la communauté une volonté de mieux coordonner les différents acteurs. Et c’est précisément la mission du « Work Group Product », chargé de fixer les priorités de développement, en recueillant les retours des utilisateurs, en particulier les « Ops » tels qu’OVH.com – qui revendique le lancement de plusieurs centaines milliers de VM sous OpenStack et des dizaines de pétaoctets utiles d’object storage sous Swift, en amalgamant ses offres Public Cloud, VPS, RunAbove et hubiC. Les utilisateurs finaux et Ops seront d’ailleurs mieux informés sur l’état d’avancement du projet grâce à un nouvel outil : le Project Navigator

Avec le Project Navigator, les utilisateurs seront mieux informés de l'état d'avancement du projet.

Le réseau sera au cœur du prochain cycle de développement

Neutron (composant orchestrant la partie réseau) est devenu le projet le plus actif en termes de croissance du nombre de lignes de code, détrônant pour la première fois Nova (composant orchestrant la partie instances). C’est le signe que Neutron est encore en phase d’évolution forte, alors que Nova se concentre sur la fiabilité et la robustesse des fonctionnalités existantes. L’arrivée massive des « telcos » (entreprises du secteur des télécommunications) dans le projet intensifie le travail au niveau des NFV (Network Fonction Virtualization), dont ils sont particulièrement friands. Et malgré son manque évident de fonctionnalités, le DVR (routeur distribué), lui aussi en cours de développement, commence à être adopté. Pour rappel, cette nouvelle architecture réseau est développée pour résoudre la problématique des goulots d’étranglement au niveau des nœuds réseau. Le protocole BGP est au cœur des solutions à l’étude et devrait occuper une place importante dans le prochain cycle de développement.

Conteneurisation et prise en compte des cas d’usage Public Cloud

Il y a six mois, lors de l’ OpenStack Summit de Vancouver , nous avions constaté une orientation favorable à la gestion des conteneurs, et en particulier de Docker, au sein d’OpenStack. Magnum qui est le principal projet de gestion de conteneurs, poursuit son évolution et s’entoure d’un certain nombre de projets périphériques nécessaires à sa mise en orbite. Par exemple Kuryr, qui propose de prendre en charge toute la partie réseau des containers en lien avec Neutron. Il n’y a plus aucun doute sur l’avenir de la conteneurisation, qui constitue un complément idéal à la virtualisation dans la grande famille du cloud computing, et OpenStack a bien intégré cette tendance lourde.

Parmi les autres évolutions qui intéressent particulièrement OVH (en tant qu’Ops), nous avons pu observer un virage d’OpenStack du Private Cloud vers le Public Cloud. OpenStack ne délaisse pas les projets Private Cloud, mais se diversifie et prend de mieux en mieux en considération les problématiques qui surviennent lors des déploiements sur des infrastructures de taille importante, exploitées par une multitude d’utilisateurs. Les opérateurs de Public Cloud pèsent de plus en plus au sein de la communauté, et c’est une bonne chose. Chez OVH.com, nous avons dû procéder à plusieurs adaptations d’OpenStack pour satisfaire nos besoins d’opérateur à grande échelle. Nous avons ainsi dû revoir tout le trafic nord-sud de Neutron, pour le déporter sur les hyperviseurs, et nous avons travaillé sur la parallélisation des schedulers de Nova pour répondre aux fortes sollicitations occasionnées par le démarrage simultané de plusieurs centaines d’instances. Ces problématiques, traitées jusqu’ici en marge du projet, seront demain un sujet de travail à part entière au sein de la communauté.

Au-delà de l’interopérabilité : une mixité totale des infrastructures et services ?

L’interopérabilité demeure un sujet central. Il y a six mois, un effort sur la fédération d’identité avait été annoncé (Federated Keystone), soit la possibilité d’utiliser le même identifiant OpenStack chez plusieurs fournisseurs.
Cet effort se poursuit et s’étend à d’autres couches du projet. L’unification du réseau au niveaux L2 et L3 sur plusieurs sites a été évoquée, de même que le partage de ressources entre plusieurs fournisseurs (par exemple des instances chez un fournisseur, ou chez soi, et de l’Object Storage à un autre endroit), ou encore l’unification de plusieurs infrastructures d’OpenStack. Tout reste à faire, car les solutions techniques sont loin d’être abouties. Mais les discussions ont bel et bien été amorcées, et la décision est prise à l’échelle mondiale d’emprunter cette direction. L’objectif à terme étant de parvenir à un système aussi universel que celui des DNS. Enthousiasmant !

En savoir plus

Voir le replay des conférences d’OpenStack Summit 2015 de Tokyo
Lire l’ annonce de la release d’OpenStack Liberty

Copywriter at OVH.