La R&D et le feedback client font évoluer OverTheBox

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Ce qui était au départ un Proof of Concept d’agrégation de connexions internet pour assurer une meilleure bande passante est devenu une solution de plus en plus indispensable pour favoriser les usages du cloud, qui nécessitent un débit important, et pour pallier la fracture numérique. À tel point qu’OverTheBox a récemment connu une nouvelle version.

 

« Ce qui me rend le plus fier, c’est qu’OverTheBox (OTB) est un pur projet de notre recherche et développement (R&D) et s’est enrichi avec les retours client », se réjouit Basheer Essa, ingénieur télécom R&D chez OVH. L’idée de départ était de trouver un produit qui permette au client de sécuriser son accès à Internet et d’augmenter son débit. Après de nombreuses recherches et plusieurs tests est née la première version d’OverTheBox. « Le temps passant, de nouvelles idées sont apparues. Les clients nous ont fait de nombreux retours d’usage dont nous avons tenu compte, car l’utilisation de la première version d’OTB était « trop compliquée » pour la grande majorité des utilisateurs. Et de notre côté, nous les geeks de la R&D, nous sommes toujours en quête de gain de performance et d’ajout de fonctionnalités, de microréglages. Avec ces deux biais complémentaires, nous avons abouti à la seconde version d’OTB. »

Concrètement, la nouvelle version est tout d’abord 3 fois plus puissante que son aînée, avec un débit chiffré maximum de 400 Mbit/s contre environ 130 auparavant, grâce à l’utilisation d’un SOC très puissant et récent, tellement récent qu’il a fallu modifier notre noyau pour pouvoir éteindre la box !

Parmi les autres nouveautés, un switch a été intégré en façade. Il s’agit d’un composant essentiel pour la simplification de la configuration, car les clients n’ont plus besoin de désactiver le DHCP de leur box pour faire fonctionner le service, ce qui était le point noir de la première version. Ce switch possède 14 ports, dont 2 WAN par défaut, mais tout est modifiable aisément par le client, s’il le souhaite. L’ergonomie du boîtier a aussi été revue pour proposer un format « rackable ». Ce qui est adapté à nos nouveaux clients professionnels qui s’appuient sur l’OTB pour leur réseau.

L’aspect hardware n’est qu’une partie de la nouvelle version d’OTB, qui s’accompagne d’une refonte complète du système. Celui-ci reste cependant très complexe et le développement se poursuit pour essayer de le simplifier au maximum.

Adrien Gallouët, développeur sur OTB, soulève le capot pour les curieux désireux de comprendre comment tout cela fonctionne.

Il y a deux technologies d’agrégation dans l’OTB V2. D’une part, MPTCP, basé sur TCP, permet d’agréger uniquement les connexions TCP, et de l’autre, MUD, basé sur UDP, permet d’agréger tous les protocoles. Chacune de ces technologies présente des caractéristiques différentes. MPTCP essaie de maximiser le débit en conservant une bonne latence, alors que MUD tente de minimiser la latence en essayant de garder un bon débit.

La première version d’OTB tournait sur un tunnel TCP pour le trafic non TCP (qui n’est donc pas agrégé par MPTCP). L’agrégation sacrifiait la latence au profit du débit, ce qui n’était pas toujours adapté au trafic, notamment à la VoIP. Nous avons donc ajouté un nouveau tunnel basé sur MUD afin d’agréger les communications sensibles à la latence (et à la « gigue » en particulier).

Nous offrons trois technologies d’agrégation différentes :
– un proxy TCP qui permet l’agrégation de tout le trafic TCP avec MPTCP ;
– un tunnel TCP qui permet l’agrégation du trafic non TCP, mais qui n’est pas sensible à la latence et à la « gigue » ;
– un tunnel UDP qui permet l’agrégation de tout le reste.

La sélection du mode d’agrégation se fait via le DSCP et est entièrement configurable par le client, mais nous proposons une configuration par défaut qui est suffisante pour les usages classiques.

L’un des principaux reproches exprimé par les clients, via les forums ou lors des événements, notamment lors de l’OVH Summit 2017, portait en effet sur la complexité de configuration. « La première version nécessitait de nombreux réglages et laissait l’utilisateur libre de configurer quasiment tous les paramètres, explique Grégoire Delattre, devops sur le projet depuis le début. Cela suppose qu’il s’y connaisse, qu’il ait des compétences, sinon le risque est grand qu’il ne parvienne pas à obtenir la qualité recherchée. C’est pourquoi, pour cette deuxième version, nous avons opté pour une configuration proposée par défaut. C’est beaucoup plus simple pour la grande majorité des utilisateurs et les résultats obtenus sont, en moyenne, bien meilleurs. Les plus connaisseurs pourront bien sûr toujours paramétrer et personnaliser comme bon leur semble, comme l’a expliqué Adrien ».

« Nous voulons toujours faire mieux. Nous avons déjà en tête d’autres améliorations potentielles, comme intégrer la solution du réseau privé vRack sur le service OverTheBox pour faire d’OTB une porte d’entrée vers l’ensemble des services OVH, poursuit Grégoire. En attendant la suite, la version 2 remplit ses promesses, à tel point qu’un client qui nous appelait dès la plus infime baisse de débit qu’il constatait, ne nous contacte désormais plus jamais, car sa solution OTB résout automatiquement le problème ! ».

En termes d’offres, trois solutions sont désormais proposées. Comme l’OverTheBox a été conçu en open source, il est possible de souscrire uniquement l’abonnement mensuel sans acheter le boîtier. Il suffit de télécharger le code source du logiciel et de l’installer sur un matériel tiers compatible. Pour ceux qui disposeraient déjà de la première version et qui voudraient passer à la nouvelle, il suffit de contacter le support qui effectuera la migration nécessaire. Si le client est satisfait de la première version et n’a pas forcément besoin de davantage de stabilité et de puissance, elle reste en tout cas toujours viable et mise à jour.