OVH à l’OpenStack Summit 2015 de Vancouver : que faut-il retenir de l’événement ?

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La grand-messe biannuelle du projet OpenStack a rassemblé plus de 6 000 personnes du 18 au 22 mai à Vancouver. OVH a participé à l’événement pour prendre connaissance de l’orientation du projet dans les mois à venir et partager son expérience avec la communauté. Car OVH s’appuie sur OpenStack notamment pour sa récente offre « Public Cloud », et fait aujourd’hui partie de la fondation du projet open source. Interview de Jean-Daniel Bonnetot, administrateur systèmes spécialisé OpenStack chez OVH.

Droits réservés. Crédit photo : OpenStack.

En quoi consiste un OpenStack Summit ?

Lancé en 2010, OpenStack est devenu en 5 ans le plus important projet open source au monde, avec près de 6 000 membres actifs (dont 3 500 développeurs) et une fondation qui réunit quelques-uns des plus grands acteurs mondiaux de l’IT : IBM, Intel, HP, Canonical, Red Hat, VMware ou encore NetApp ou Cisco.
Cette communauté se rassemble deux fois par an, en mai et novembre à l’occasion d’un Summit. Le prochain se déroulera d’ailleurs à Tokyo, puis Austin (Texas) en 2016, avant de revenir en Europe pour la deuxième fois, à Barcelone.
Lors de cet événement, au cours duquel 55 pays étaient représentés, les contributeurs et utilisateurs d’OpenStack discutent de l’avenir du projet, débattent de son orientation, réfléchissent à son organisation. Des échanges symbolisés dans le logo lui-même de l’OpenStack Summit. Cet événement est aussi l’occasion de fêter la sortie de la dernière release d’OpenStack, en l’occurrence il s’agit de « Kilo », qui porte à 3 millions le nombre de lignes de code du projet depuis son origine, apportées par quelques 1 500 développeurs.

OVH était à l’OpenStack Summit 2015 de Vancouver

 

Quelles sont, justement, les nouveautés apportées par Kilo ?

Cette nouvelle mouture d’OpenStack apporte pas moins de 400 nouvelles fonctionnalités. Parmi elles, on notera une nouvelle version de l’ API pour Nova (version 2.1), qui préserve la compatibilité ascendante. L’API pourra ainsi continuer à évoluer sans restreindre les fonctionnalités de ceux qui tardent à prendre en compte la mise à jour.
Côté réseau, Neutron poursuit son développement à grande vitesse. On a beaucoup parlé de NFV (Network Fonction Virtualisation) pendant ces 6 derniers mois… Eh bien, les premières applications sont enfin présentes dans Kilo. Une nouvelle API est également disponible pour l’extension LBaaS et d’importantes améliorations ont été apportées sur DVR (Distributed Virtual Router).
Par ailleurs, on voit enfin apparaître l’erasure code dans Swift. Cette nouvelle manière de stocker les données permet de mieux les sécuriser tout en économisant de l’espace. Toujours au niveau stockage, Cinder gagne deux fonctionnalités très intéressantes : le backup incrémental des volumes et le multi-attachement. Deux éléments que nos clients nous réclament régulièrement. Mais la principale nouveauté annoncée est Ironic, la brique destinée à gérer le bare metal sur le modèle du cloud. La surprise n’est pas totale, car le projet est en incubation depuis longtemps. Son apparition dans Kilo met néanmoins cette brique au même plan que les autres briques historiques du projet, ce qui démontre son importance.
Nous réfléchissons déjà, chez OVH, à l’intégration de ces nouveautés, à la façon dont elles peuvent enrichir nos offres. Nous allons les tester préalablement et vérifier leur stabilité avant de les proposer à nos clients.

 

Quelles autres annonces faut-il retenir de l’OpenStack Summit 2015 de Vancouver ?

Durant 5 jours, il y a eu quasiment une quinzaine de sessions en parallèle, qui se succédaient toutes les 45 minutes. Il est donc difficile d’être exhaustif.
Les annonces importantes, côté innovation, sont évidemment la gestion des containers avec la présence sur scène du PTL (Product Team Lead) Adrian Otto, qui a présenté le projet Magnum aux côtés de Google (s’était-il perdu ?). Un projet qui apporte la brique de gestion de containers Kubernetes.
Murano, qui sert de catalogue d’applications dans OpenStack, a été également présenté et mis directement en lien avec le nouveau service géré par la fondation : apps.openstack.org, un index de tous les packages, templates et images consommés par OpenStack.
La gouvernance du projet a également été modifiée, sous l’impulsion du Release Manager Thierry Carrez pour passer en mode « Big Tent ». Cela signifie que beaucoup d’autres projets comme les deux précédemment cités vont pouvoir intégrer OpenStack à partir du moment où ils respectent le workflow et les conventions de la communauté. Plus besoin de recevoir l’approbation d’un comité… qui passait son temps à savoir quelle était la bonne direction pour le projet, et si les projets candidats respectaient ce carnet de route. Openstack ne se limitera ainsi pas au IaaS, mais pourra intégrer des fonctionnalités de PaaS par exemple, ou évoluer vers d’autres besoins plus « haut niveau » dans les couches logicielles.
Un nouveau groupe de travail débarque dans la communauté : les Product Managers. Leur rôle est de consolider la roadmap, en faisant le pont entre les utilisateurs et les développeurs tout au long de l’année.
Une nouveauté issue de Kilo a été présentée en keynote dès le lundi matin par le PTL de Keystone, Morgan Fainberg : la « cloud federation ». Beaucoup de travail a été abattu pour permettre à plusieurs infrastructures OpenStack d’être raccordées, permettant ainsi à un utilisateur d’être enregistré à un endroit et de consommer des ressources ailleurs. On sent d’ailleurs un effort général pour aller dans ce sens… Le cloud hybride arrive enfin, et OVH compte bien y participer.

 

Nous savons déjà que la NASA, le CERN, HP, AT&T et d’autres grands noms de l’IT sont utilisateurs d’OpenStack. Lors de l’OpenStack Summit, d’autres grandes sociétés ont-elles fait leur « coming out » ? Quels projets t’ont particulièrement marqué ?

Lors des keynotes, les Super User Awards récompensent les « gros » utilisateurs d’OpenStack. C’était l’occasion de découvrir quelques témoignages de sociétés telles que ComCast, TD Bank ou encore Walmart, qui gère une infrastructure OpenStack vraiment impressionnante d’environ 100 000 cores, capable d’encaisser près de 1,5 millards de pages vues pendant le week-end de Thanksgiving ou le Black Friday.
D’autres acteurs majeurs du web se sont lancés dans l’aventure comme eBay ou Paypal qui annoncent 300 000 cores et doivent se situer parmi les plus importants parcs actuels. Il semblerait d’ailleurs qu’ils soient encore en plein déploiement, puisque Paypal est entièrement passé sur OpenStack alors qu’eBay n’en est qu’a 20 %. Cela nous laisse imaginer le résultat final !

 

OVH participait à l’événement, comme spectateur donc, mais aussi en tant qu’opérateur d’OpenStack. Quelle est la place d’OVH en tant qu’opérateur d’OpenStack ?

L’exploitation de la plateforme OpenStack pour fournir du cloud public est un cas d’utilisation relativement sous-représenté dans la communauté. Pour cette raison, OVH a pu apporter à OpenStack un retour d’expérience intéressant, notamment lors du Design Summit, lieu privilégié des échanges entre devs durant le Summit.
Par ailleurs, c’est évidemment instructif de découvrir les problématiques des autres opérateurs, et de constater que nous en partageons un certain nombre. Les thèmes récurrents sont naturellement la haute disponibilité et la scalabilité, qui sont les deux défis du cloud computing en général.
OVH avait cette fois un stand sur l’événement. Malgré l’implantation en 2012 du plus grand data center au monde à Beauharnois (d’une capacité de 360 000 serveurs à 40 km de Montréal), nous avons un important travail de communication à réaliser outre-Atlantique. Beaucoup de visiteurs étaient intéressés par le fait qu’OVH opère ses propres datacenters, son propre réseau et assemble ses propres serveurs. Enfin, le moment était bien choisi, puisque c’est pendant l’OpenStack Summit qu’OVH a lancé, en France, son offre « Public Cloud » sous la marque OVH.com (OpenStack est déjà à la base de la première offre public cloud du groupe, RunAbove.com).

 

Pourquoi OVH a-t-il choisi de rejoindre l’OpenStack fondation ?

Nous faisons partie de la fondation depuis 2014 et nous souhaitons participer à cette communauté puisque nous développons plusieurs produits basés sur OpenStack. OpenStack est plutôt orienté private cloud, la plupart des opérateurs l’utilisant à petite ou moyenne échelle on premise (sur site). Comme je le disais, nous allons utiliser notre expérience de public cloud provider pour apporter des éléments concrets en termes d’exploitation d’infrastructure de grande envergure et de besoins spécifiques des clients finaux de ce type d’offre. Les projets open source ont bien sûr besoin de contributeurs au code, mais il est aussi important de participer par la remontée de besoins, de bugs, par le sponsoring, les discutions d’orientation du projet, etc.

 

Quels sont les prochains projets/défis d’OVH par rapport à l’utilisation d’OpenStack ?

Le produit « Public Cloud » vient d’être lancé et nous sommes très confiants pour la suite. Nous ne sommes qu’au début d’une roadmap qui ne va cesser d’apporter des nouvelles fonctionnalités dans les semaines et les mois à venir.
Nos expériences passées nous ont permis d’apprendre comment gérer plusieurs milliers de nœuds dans une infrastructure. Il faut maintenant réfléchir plus grand et l’offre « Public Cloud » est taillée pour ça.
J’en profite pour passer un message à ceux qui nous lisent, nous recrutons sur cette technologie ! Si vous êtes intéressés pour rejoindre une grande aventure, rendez-vous sur OVH Careers.

Retrouvez l’OpenStack Summit en vidéo sur la chaîne YouTube de la Fondation

Chaîne Youtube de la fondation OpenStack

OpenStack, Cloud Computing and ISP. Working at OVH.