La R&D en datacentres s’accélère

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Henri Klaba, président directeur général d’OVH, est très impliqué dans la conception et la R&D des centres de données du groupe. Il fait le point sur les dernières innovations sorties de son laboratoire ainsi que sur les datacentres, dont un est prévu en Allemagne d’ici 2015.

Henri Klaba, PDG du groupe OVH.
Henri Klaba, PDG du groupe OVH.

OVH est l’inventeur d’un système inédit de watercooling, un concept de refroidissement liquide de ses serveurs, mis en place dans ses centres de données dès 2004. Ce concept évoluant sans cesse, Henri Klaba et son équipe travaillent actuellement sur deux aspects : un watercooling plus puissant, et son adaptation aux normes Tier IV.

« Pour certaines machines, comme les serveurs Game de la marque So you Start (encore en bêta, NDR), les processeurs actuels sont d’une telle puissance, et produisent une telle chaleur que les besoins en refroidissement sont plus grands, explique Henri. Ce nouveau watercooling possède un débit plus important, ce qui nous permet de dissiper jusqu’à 250 watts de plus par machine que le refroidissement liquide habituel. D’autre part, nous avons mis en place deux réseaux de refroidissement liquide totalement indépendants jusqu’à l’intérieur du serveur, afin de répondre aux normes Tier IV, qui exigent que toutes les infrastructures (câblages, alimentations, composants…), dans un centre de données, soient redondées. Ces modifications sont pour nous essentielles. »

Le laser peut découper jusqu'à 6mm de tôle.
Le laser peut découper jusqu’à 6mm de tôle.
Le laser permet à l'hébergeur un prototypage de pièces mécaniques plus rapide.
Le laser permet à l’hébergeur un prototypage de pièces mécaniques plus rapide.
Cette plaque de métal sera bientôt transformée en pièces mécaniques.
Cette plaque de métal sera bientôt transformée en pièces mécaniques.

De nouveaux outils au service de l’innovation

Pour mener à bien la conception des pièces nécessaires au watercooling des serveurs, OVH fait appel à la technologie d’ impression 3D , ainsi qu’à une machine-outil à commande numérique (CNC) et un laser. « Grâce au laser et à la machine CNC, nous pouvons obtenir un prototype de manière instantanée. Entre l’idée et la première pièce, il s’écoule désormais 15 secondes, plus besoin d’attendre 3 à 4 semaines, souligne Henri. L’accélération de notre R&D au niveau mécanique est formidable ! »

Mais les ambitions d’OVH ne s’arrêtent pas au simple prototypage, Henri envisagerait même la production. « En combinant l’imprimante 3D, la machine CNC et le laser, nous pourrions lancer une production adaptée à nos besoins : certaines pièces entrant dans la composition du watercooling sont très compliquées, et demandent des procédés de fabrication spéciaux. Nous pourrions également produire la quasi-totalité des pièces métalliques nécessaires dans nos salles d’hébergement. »

En outre, le laser et la machine CNC permettraient également à OVH de revaloriser une grande partie des boîtiers de serveurs par exemple, et de les adapter au fur et à mesure des évolutions technologiques, avec pour objectif de diminuer les déchets et les frais de matière première.

Des innovations qui s’appliqueront aux nouveaux datacentres

Ces innovations seront appliquées dans bon nombre de datacentres d’OVH. Le groupe en possède aujourd’hui 15 en activité. À Roubaix, la construction de RBX6, dernier centre de données sorti de terre, n’est pas encore finalisée, mais le bâtiment a déjà reçu ses premiers serveurs.

Respectivement installés à Gravelines, Strasbourg et Beauharnois (Canada), les récents centres de données de GRA, SBG2 et BHS3 continuent eux aussi à accueillir des machines au fur et à mesure des commandes des clients. « Sur l’ensemble de notre parc, nous sommes suffisamment équipés du côté de l’alimentation électrique et du refroidissement pour héberger encore 60 000 serveurs dans l’immédiat », assure Henri Klaba. À noter que les datacentres d’OVH hébergent actuellement 170 000 serveurs, et affichent une capacité d’ un million de machines .

Le CNC travaille les métaux ainsi que le plastique.

Un datacentre en Allemagne à l’horizon 2015

Déjà implanté en Allemagne avec une équipe locale et des bureaux à Sarrebruck, le groupe y renforcera sa présence avec la construction d’un premier centre de données. C’est à Kehl de l’autre côté du Rhin, en face de Strasbourg, que l’hébergeur prendra possession à la rentrée 2014 d’un ancien bâtiment de stockage de blé.

Situé non loin des fibres optiques reliant Paris à Francfort, le futur datacentre y sera raccordé par une section d’1,5 km de fibre. L’alimentation électrique de 3,5 Mégawatts disponible est amplement suffisante : du pain béni pour le groupe. « Comme dans nos autres centres de données, nous allons progressivement remplir ce bâtiment avec des containers, à partir de janvier 2015 », précise Henri.

À terme, le datacentre de Kehl hébergera environ 60 000 serveurs.