GreenMe et le cube connecté qui rendait heureux

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Depuis juin dernier, les petits boîtiers connectés de GreenMe ont commencé à coloniser quelques open spaces à travers la France. L’objectif de ce cube, conçu et produit en France, est relativement simple : monitorer le confort au travail des salariés, permettre de prendre des actions l’améliorant et en profiter pour réduire la consommation d’énergie des bâtiments sous surveillance.

GreenMe, le cube connecté, surveille en continu 10 paramètres de votre environnement de travail.
GreenMe, le cube connecté, surveille en continu 10 paramètres de votre environnement de travail.

En 2012, Alexandre Dugarry fonde Aca-o, une petite société de développement informatique basée à Aire-sur-Adour, à deux pas de Mont-de-Marsan. Avec ses trois salariés et son associé, Alexandre développe des applications en SaaS, dont menu-collectivite.fr, conçu pour permettre aux collectivités de générer directement des menus équilibrés. L’entreprise participe rapidement à plusieurs projets de développement collaboratif et rencontre l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pour s’investir dans un projet lié aux bâtiments à énergie positive. Pour l’agence, la mission consiste à réduire au strict minimum la consommation d’énergie des bâtiments construits. D’apparence simple, le projet s’est vite révélé être un peu plus compliqué que prévu quand l’équipe a voulu sensibiliser les salariés occupant ces mêmes bâtiments. « On a affiché des courbes, mais les salariés passaient devant sans même les regarder. Rapidement, on s’est mis à imaginer des procédés un peu plus ludiques en chiffrant les économies réalisées en kilomètres parcourus, par exemple. Mais rien n’y a fait, nous n’arrivions clairement pas à impliquer les salariés » Pour réduire la consommation des bâtiments, la participation des salariés est primordiale. « En effet, rappelle Alexandre, les bâtiments neufs sont aujourd’hui très performants sur le plan énergétique. On s’aperçoit qu’une grande partie des surconsommations est due non pas à la conception du bâtiment mais aux salariés eux-mêmes. »

Comment inciter les salariés aux économies d’énergie ?

La clé du projet se situait en fait dans le « confort », notion à la fois tellement abstraite mais aux implications concrètes : « Pour accrocher les salariés, il faut leur parler de ce qui les intéresse, de ce qu’ils peuvent facilement prendre en main. Le confort est apparu comme un point d’accroche intéressant sur lequel nous avons beaucoup travaillé », explique Alexandre. Et voilà comment est né GreenMe , un projet permettant à chacun de monitorer son confort au travail. L’ensemble est basé sur un petit boîtier cubique, percé de multiples petits trous et capable de monitorer dix paramètres relatifs au confort et à la santé, comme la température, la qualité de l’éclairage, le bruit ou encore la fréquence du renouvellement de l’air. Le boitier va créer vingt points de mesure toutes les cinq minutes, qui sont ensuite agrégés puis synthétisés dans un dashboard et une application mobile visible à la fois par le salarié mais aussi par le service des ressources humaines, le manager, le facility manager ou le CHSCT. Pour GreenMe, ces dix paramètres ne suffisent pourtant pas à mesurer le confort du salarié, notion par essence complètement subjective. Doté d’un accéléromètre, le cube peut être basculé d’un côté ou d’un autre en fonction du ressenti de la personne qui l’utilise. Un côté correspond à un ressenti positif tandis que l’autre signale une situation d’inconfort, par exemple liée à une température ressentie comme trop élevée ou à une lumière scintillante. Immédiatement, la personne chargée de la gestion des bâtiments est prévenue et peut intervenir le plus rapidement possible histoire de transformer l’inconfort… en confort.

Le boitier de GreenMe crée vingt points de mesure toutes les cinq minutes, qui sont ensuite agrégés puis synthétisés dans un dashboard et une application mobile.
Le boitier de GreenMe crée vingt points de mesure toutes les cinq minutes, qui sont ensuite agrégés puis synthétisés dans un dashboard et une application mobile.

Si Alexandre met en avant les gains de productivité obtenus grâce à l’amélioration du confort des salariés au travail, les entreprises font de plus en plus appel à lui dans le cadre de leur politique RSE. GreenMe permet en effet une optimisation de l’environnement de travail à l’échelon individuel, mais aussi – et surtout – au niveau de l’entreprise. Régulièrement, la startup récupère les données agrégées et procède à une analyse globale. L’ensemble des données sont interprétées en fonction de la réglementation mais donnent surtout lieu à des préconisations plus globales, permettant aux clients de réaliser de substantielles économies d’énergie. Ainsi, près de Lyon, GreenMe a proposé à un grand groupe occupant plus de 10 000 mètres carrés d’éteindre les lumières de ses bureaux trois heures supplémentaires par jour… parce que l’éclairage ne bénéficiait en fait à personne. Chez un autre client, en Auvergne-Rhône-Alpes, les capteurs ont renvoyé un monitoring généralisé signalant un air trop sec pendant la période hivernale. En ré-humidifiant l’air, le bien-être des salariés pourrait être fortement amélioré.

Les données collectées grâces aux cubes connectés de GreenMe sont interprétées en fonction de la réglementation mais donnent surtout lieu à des préconisations plus globales, permettant aux clients de réaliser de substantielles économies d’énergie.
Les données collectées grâces aux cubes connectés de GreenMe sont interprétées en fonction de la réglementation mais donnent surtout lieu à des préconisations plus globales, permettant aux clients de réaliser de substantielles économies d’énergie.

GreenMe médaillée à la Nuit de la RSE

Avec quasiment trois cent boitiers déployés à travers la France, le projet de la startup a déjà conquis plusieurs grands groupes, dont La Poste, EDF ou Vinci, qui travaillent avec elle depuis plusieurs mois. Pour aller au bout de sa démarche, GreenMe a fait le choix de concevoir et fabriquer intégralement le cube bardé de capteurs en France, dans le sud-ouest : l’électronique est ainsi fabriquée dans le Pays basque. Pour la coque en plastique qui entoure l’objet, GreenMe a d’abord tenté de la produire elle-même : deux imprimantes 3D tournaient ainsi en permanence dans les locaux de la startup, mais elles ne suffisaient pas pour suivre la demande qui augmente de semaine en semaine. L’équipe a donc fait appel à un prestataire spécialisé dans la plasturgie basé à Lourdes, à quelques dizaines de kilomètres du siège de l’entreprise. De sa conception à son emballage, le cube ne quitte jamais sa région d’origine. Cette politique de conception maitrisée et le projet en lui-même ont d’ailleurs valu à la startup de recevoir la médaille de bronze lors de la Nuit de la RSE, organisée en novembre 2015 et d’être lauréate du concours La Poste – French IoT.

Depuis, GreenMe poursuit son bonhomme de chemin. Basée sur une infrastructure hébergée par OVH, l’aventure de GreenMe va continuer dans les mois et les années à venir, d’autant que le petit cube regorge de vertus pas vraiment anticipées par l’équipe. « Forcément, quand le confort et les conditions de travail s’améliorent, les salariés travaillent généralement mieux, et s’absentent moins. Mais on a aussi remarqué que ce boitier améliorait l’ambiance entre les différentes équipes et la créativité en jouant sur les plages de température », raconte Alexandre. Une observation qu’aurait d’ailleurs pu faire Elton Mayo en son temps, lors de son expérience à l’usine Western Electric de Cicero, près de Chicago. En 1932, des chercheurs avaient tenté d’établir une relation entre l’environnement de travail et la productivité, en modifiant par exemple l’éclairage de la chaîne de production. Après plus de trois ans de recherche, aucun élément concret ne venait corréler l’augmentation de la productivité constatée avec l’amélioration des conditions de travail. Elton Mayo monta une équipe de recherche et arriva à la conclusion suivante : la hausse de productivité était peu liée aux modifications apportées à l’éclairage par exemple, mais s’expliquait davantage par la considération témoignée aux employés à travers l’expérience et par les liens entre salariés qu’elle a contribué à créer.

Réduire la consommation énergétique, améliorer le bien-être au travail et créer du lien entre les équipes, le tout dans un minuscule petit cube conçu et fabriqué en France : que souhaiter de plus à Alexandre et son équipe qu’une superbe réussite ?

GreenMe, une startup accompagnée par programme Digital Launch Pad d’OVH

Pour bâtir la plateforme qui collecte et traite les données provenant de ses cubes connectés, la startup s’appuie sur le Public Cloud d’OVH.com. Avec 20 points de données créés toutes les 5 minutes, GreenMe estime que chaque cube connecté produit environ 2 millions de données par an. En prévision de la croissance de l’activité, il était nécessaire de miser sur une infrastructure scalable, capable de grossir au fur et à mesure des besoins sans devoir régulièrement remettre en cause l’architecture globale de la plateforme. Aussi, des instances Public Cloud sont utilisées en tant que serveur web (pour visualiser les données sous forme de dashboard ou accéder à l’application mobile), serveur API, serveur MySQL (pour les données des comptes clients) et pour constituer un cluster Cassandra exploitant KairosDB pour constituer une base de données de type Time Series. Autant de machines reliées entre elle par le vRack d’OVH pour plus de sécurité et de performance.

En savoir plus sur le programme Digital Launch Pad d’OVH (accompagnement des startups).