Grâce aux Eco-Compteurs connectés, cyclistes et piétons ne sont plus les laissés pour compte des plans de déplacements

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Depuis plus de 15 ans, les équipements conçus par la société bretonne Eco-Compteur dénombrent inlassablement les vélos et les piétons. Avec une grande précision, et dans tout type de configurations, qu’il s’agisse d’un sentier de randonnée, d’un site touristique comme le Mont-Saint-Michel ou des pistes cyclables des villes de New-York ou Montréal. Reportage sur le leader mondial des systèmes de comptage dédiés aux modes de déplacement doux.

Grâce à ses Eco-Compteurs, la société bretonne encourage la pratique de la marche à pied et du vélo à travers le monde, et participe à l'amélioration des infrastructures dédiées à ces moyens de transports non polluants.
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« If you can’t measure something, you can’t understand it. If you can’t understand it, you can’t control it. If you can’t control it, you can’t improve it. » Cette maxime, que l’on doit à un ingénieur américain spécialisé dans la qualité (1), beaucoup de managers en ont logiquement fait leur mantra. Ce qui est plus surprenant, c’est la manière dont la société Eco-Compteur a appliqué ce précepte pour promouvoir la marche à pied et le vélo à travers le monde, et améliorer les infrastructures dédiées à ces moyens de transports non polluants.

Mesurer pour mieux décider

Jean Milon, qui a débuté sa carrière dans la R&D chez France Télécom, a toujours milité pour la protection de la nature. En 1998, à l’occasion d’un chantier de restauration à proximité d’un sentier littoral, il s’intéresse à la fiabilité des chiffres de fréquentation récoltés en milieu extérieur et bricole le premier prototype de ce que son fils Christophe baptisera habilement « éco-compteur ».
La société éponyme est créée quelques mois plus tard, le projet ayant séduit la ville de Perros-Guirec puis le conseil général des Côtes d’Armor. Quoi de mieux, en effet, que des chiffres de fréquentation fiables et précis pour vérifier la pertinence d’un tracé de piste cyclable, optimiser le parcours des visiteurs dans un lieu public ou un centre-ville, argumenter en faveur de l’aménagement d’un site ou encore réclamer sa protection ? Les gestionnaires d’espaces naturels furent parmi les premiers clients de la société, rapidement rejoints par des collectivités et des villes soucieuses de mieux gérer leurs voies cyclables et espaces piétonniers urbains.
Aujourd’hui, la société basée à Lannion compte 50 collaborateurs et revendique un parc de 12 000 compteurs disséminés aux quatre coins du monde grâce à un efficace réseau de distributeurs et une succursale à Montréal. Car la technologie originale développée par Eco-compteur a séduit bien au-delà de nos frontières. Au point que le marché français ne constitue plus aujourd’hui qu’une part minoritaire de son chiffre d’affaire, réalisé à 75 % à l’export dans les pays d’Europe du Nord, d’Asie Pacifique ou d’Amérique du Nord…

Eco-Compteur revendique un parc de 12 000 compteurs disséminés aux quatre coins du monde grâce à un efficace réseau de distributeurs et une succursale à Montréal.
Eco-Compteur revendique un parc de 12 000 compteurs disséminés aux quatre coins du monde grâce à un efficace réseau de distributeurs et une succursale à Montréal.

En matière de mobilité douce, les décideurs sont longtemps restés aveugles

Le comptage des voitures empruntant une route est un art maîtrisé depuis longtemps (quoiqu’en constante évolution, avec l’apparition de systèmes de plus en plus sophistiqués sachant discriminer différents types de véhicule, mesurer leur vitesse, etc.). A contrario, en matière de mobilité douce, les gestionnaires et aménageurs du territoire sont longtemps restés aveugles. Les décideurs ont très longtemps recouru à des campagnes de comptage réalisées par des observateurs humains, dont les relevés étaient ensuite extrapolés pour obtenir des chiffres de fréquentation. Une méthode onéreuse et peu satisfaisante, ne serait-ce que parce que les conditions météorologiques lors de la campagne peuvent en biaiser le résultat : « En effectuant un comptage systématique, et en croisant ces données avec d’autres facteurs tels que la météo, on obtient des résultats bien plus pertinents pour comprendre les usages des infrastructures », note Laure Doidi, chargée d’études pour Eco-Compteur.
« Techniquement, explique Mathieu Rougeolle, chef de produit hardware chez Eco-compteur, c’est beaucoup plus compliqué de compter des piétons, des vélos ou encore des cavaliers, qui ne se succèdent pas aussi régulièrement que des véhicules sur une route départementale, se croisent sur une même voie et ne peuvent être reconnus par leurs poids. » Eco-Compteur a donc mis au point des capteurs capables de s’adapter à toutes les configurations possibles et de dénombrer avec précision les différents types d’usagers. La détection des cyclistes s’effectue ainsi à l’aide de boucles inductives qui reconnaissent la signature métallique d’un vélo, ou bien de tubes pneumatiques sensibles à la pression engendrée par le passage d’une bicyclette. Pour le comptage des piétons, cavaliers et usages mixtes, un capteur pyroélectrique est utilisé. « Des technologies systématiquement couplées à des algorithmes brevetés (ARGO, ORION et SIRIUS), permettant d’exclure tous les autres modes de transport que l’on ne souhaite pas comptabiliser. »

Depuis quelques temps, le logiciel d’analyse de flux développé par la société (Eco-Visio) représente une part de plus en plus considérable dans la valeur ajoutée de la solution.

Une technologie 100 % made in France, du hardware au software

La société Eco-compteur a opéré un virage stratégique ces dernières années. « Nous avons d’abord été des fabricants de matériel », poursuit Mathieu Rougeolle. Du matériel haut de gamme, entièrement conçu et fabriqué en France, par les équipes d’Eco-Compteur dans leur atelier de Lannion. « Chaque unité représente plusieurs jours de travail, de l’assemblage des composants électroniques à la réalisation d’un éventuel habillage, qui peut être personnalisé dans le cas des Eco-TOTEMs dont le but, outre le comptage, est d’encourager la pratique du vélo ou de la marche à pied en figurant sous la forme d’une jauge les passages dénombrés. » Mais depuis quelques temps, le logiciel d’analyse de flux développé par la société (Eco-Visio) représente une part de plus en plus considérable dans la valeur ajoutée de la solution : « Nos compteurs, au départ, étaient uniquement équipés d’un système de communication Bluetooth. Grâce à une application mobile dédiée, nos clients pouvaient relever les données et les visualiser au sein d’un dashboard ou encore les exporter. Nous avons progressivement équipé nos compteurs de modem 2/3 G, qui transmettent les données via le réseau GPRS, de sorte que nos clients n’aient plus à se déplacer. » Résultat : les utilisateurs passent de plus en plus de temps à scruter les flux, restitués par intervalles chronologiques au sein de leur tableau de bord, à recouper les données et à les interpréter à l’aune de différents facteurs : température et précipitations bien sûr, mais aussi événements organisés dans la ville, incidents dans les transports en commun, période de l’année, fréquentation touristique, etc. « Certains utilisateurs commencent même à intégrer les données dans leurs propres applications, nous poussant ainsi à proposer une API pour faciliter cet usage, indique Séverine Bernard, directrice marketing d’Eco-Compteur Aujourd’hui, même si notre R&D se porte encore beaucoup sur la conception de nouveaux produits et l’amélioration de ceux déjà déployés, nous investissons énormément dans le développement de notre application, que nous recodons intégralement en HTML5. De concepteur de matériel, nous évoluons naturellement vers une activité d’éditeur logiciel. » Une évolution qui rend cruciale la mise en œuvre d’une infrastructure informatique robuste et hautement disponible (voir encadré.)

Un leader mondial, devenu acteur incontournable de la mobilité douce

Les clients d’Eco-Compteur ne sont pas les seuls à exploiter les datas collectées par les équipements installés sur le terrain. La société elle-même agrège régulièrement ces données pour présenter un index Mondial du vélo (2). Lequel a permis, début 2016, de constater une augmentation de 3 % du trafic cyclable entre 2014 et 2015, calcul qui repose sur plus de 218 millions de trajets cyclistes compilés par 1 490 compteurs répartis dans 17 pays. On y apprend ainsi que le vélo a progressé en France de 2 % sur cette période, après un bond spectaculaire de + 10 % entre 2013 et 2014. Pas de quoi faire trembler pour autant les mollets de nos voisins du Danemark, de la Suède, de Finlande ou d’Allemagne, qui ont une avance considérable en la matière. « Notre position de leader mondial des équipements de comptage des déplacements doux nous permet de constituer une base de données unique en son genre, capable d’éclairer les décideurs, journalistes et citoyens sur ces questions, qui souffrent de beaucoup d’idées reçues, souligne Laure Doidi. Qui aurait pu prédire que ce sont actuellement l’Espagne, la Suisse, la Finlande, le Canada et les États-Unis qui enregistrent les plus fortes progressions du trafic cyclable ? » Si ces chiffres sont utiles pour améliorer les politiques de déplacement, ils constituent évidemment un formidable outil de communication pour la société Eco-Compteur comme pour ses clients. Faire parler les chiffres, c’est bien. Les utiliser pour faire parler de la mobilité douce, c’est encore mieux.

Pourquoi Eco-Compteur mise sur le Private Cloud d’OVH.com

« Historiquement, nous avons bâti notre infrastructure avec des serveurs dédiés , rapporte Mathieu Rougeolle, Hardware Product Manager chez Eco-Compteur. Puis nous avons découvert le Private Cloud , et l’avons adopté pour disposer d’un environnement de R&D modulable à souhait. C’est en effet plus rapide de créer des VM et d’y appliquer une configuration spécifique plutôt que de commander une machine physique et de la configurer juste pour un test. Puis nous nous sommes intéressés aux fonctionnalités de l’hyperviseur vSphere de VMware qui, couplées à la conception nativement redondante du Private Cloud, permettent de disposer assez facilement d’une infrastructure haute disponibilité et sécurisable grâce à l’utilisation de VLAN. Pour cette raison, nous sommes en train d’importer dans le Private Cloud les deux premiers tiers de notre architecture, à savoir les load balancers HAProxy ainsi que le serveur applicatif (qui fait tourner le logiciel Eco-Visio), le futur serveur d’API ainsi que le serveur qui héberge les outils mis à disposition de nos revendeurs. Les bases de données (MySQL aujourd’hui, mais demain il y aura probablement une scission pour disposer de bases non structurées, type NoSQL) restent pour le moment hébergées sur des serveurs dédiés reliés au Private Cloud via le vRack , avec un master et un slave géographiquement distants (respectivement hébergés à Montréal et Strasbourg, plus un backup à Roubaix). À moyen terme, nous envisageons d’héberger l’ensemble de notre infrastructure sur le Private Cloud, et même de dupliquer cette solution sur plusieurs continents, pour se rapprocher au plus près de nos clients et leur offrir les meilleurs temps de chargement possibles lorsqu’ils se connectent à leur dashboard. Pour cette raison, nous sommes heureux de pouvoir compter sur la présence d’OVH en Amérique du Nord et, prochainement, en Asie-Pacifique. »

(1) H. James Harrington, ingénieur américain, entrepreneur et auteur prolifique, qui s’est notamment penché sur le coût de la non-qualité.

(2) http://www.eco-compteur.com/blog/2016/02/26/index-mondial-du-velo-2015-3-daugmentation-au-niveau-mondial/

Copywriter at OVH.