OVH.com aux 8es États Généraux du Cloud Computing

Le 21 mai dernier se tenait à Paris la 8e édition des États Généraux du Cloud Computing. Organisé par l’association EuroCloud, ce rendez-vous annuel a réuni pas moins de 580 professionnels du secteur, issus de 400 entreprises de toute la France. Acteur incontournable de l’informatique dans le nuage, OVH.com a pris part à cet événement en tant qu’expert de terrain et sponsor Gold. Retour sur une journée d’échanges et de rencontres.

Alexandre Morel, chef de produit Cloud Computing chez OVH.com, représentait l’hébergeur lors de la 8e édition des États Généraux du Cloud Computing.

L’État venu « sans son chéquier », mais convaincu de l’inéluctabilité du Cloud

Arrivés sur le parvis du Novotel sous un ciel opportunément nuageux, les nombreux participants se sont rapidement engouffrés dans le centre de conférences, situé non loin de la tour Eiffel. Quelques poignées de main plus tard, l’assemblée était massée dans l’amphithéâtre pour assister au lancement officiel de la manifestation. Pierre-José Billotte, président d’EuroCloud, a introduit la conférence inaugurale en louant une industrie prospère, source d’innovation et de croissance : « Le Cloud porte la croissance de tout le secteur IT ». Une bonne nouvelle dans un contexte encore marqué par la crise et les difficultés des SSII comme des éditeurs de logiciels traditionnels. Pour autant, les acteurs présents s’accordaient sur la nécessité de soutenir cet essor par une meilleure distribution des solutions Cloud dans les PME, et par un accroissement de la commande publique. Pointant que l’État disposait là d’un levier efficace et peu coûteux pour réduire la dette tout en stimulant l’économie, le président d’EuroCloud a pris en exemple les politiques de « Cloud First (1) » mises en place récemment aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
Jacques Marzin, directeur de la DISIC (2), a ironisé en expliquant être venu « sans son chéquier ». Mais celui qui préside l’organisation chargée de définir les grandes orientations des systèmes d’information et de communication d’État s’est voulu résolument optimiste, affirmant que « le Cloud n’est pas un effet de mode, mais bien une tendance lourde ». La révolution informatique n’est pas encore pour demain dans les ministères et administrations, mais l’ambition est là. L’objectif est de virtualiser et externaliser 80 % des ressources informatiques publiques d’ici 10 ans, a-t-il annoncé. Un délai justifié par le gigantisme des systèmes concernés (100 datacentres, 3 millions d’agents, 28 000 informaticiens), qui « impose une certaine progressivité ». Le directeur de la DISIC a néanmoins terminé son intervention en affirmant « laisser sa porte ouverte » aux fournisseurs de solutions Cloud qui souhaiteraient le faire « rêver » avec leurs innovations. Une invitation qu’OVH compte bien saisir.

Lors de la conférence « Les Vrais Chiffres du Cloud », OVH a apporté son éclairage en tant qu’expert de terrain.

OVH.com, témoin emblématique de la prospérité du marché

Invité à réagir aux chiffres du 7e baromètre Markess International des Prestataires du Cloud Computing durant la conférence « Les Vrais Chiffres du Cloud », OVH a pu confirmer la bonne santé du marché, en France comme dans les 15 pays européens où l’hébergeur est implanté. « La demande est très forte. On observe une croissance importante des ventes de nos services IaaS, nourrie par le succès des offres PaaS et SaaS développées par nos clients », a observé Alexandre Morel, chef de produit Cloud Computing chez OVH. Avec une croissance autour de 30 % en 2011 puis 2012 selon le cabinet KPMG, le marché du Cloud se montre encore très prometteur pour 2013 et les années à venir. A fortiori quand on le compare au secteur du software, dont la croissance plafonne à 7 %. Estimé à 3,4 milliards pour cette année et 5 milliards à l’horizon 2015, le secteur de l’informatique en nuage recouvre toutefois, selon Markess International, une réalité assez hétérogène. Si les grandes et moyennes entreprises projettent des investissements sur des offres IaaS, les petites entreprises envisagent d’avantage d’adopter des offres SaaS. Tout comme les collectivités locales, qui relèvent le faible niveau de la demande du secteur public. En ce qui concerne la création d’emploi générée par Cloud Computing, les chiffres se maintiennent puisque 67 % des sondés ont répondu que leur activité avait permis des embauches. OVH, qui faisait partie de l’échantillon de 135 prestataires entendus par Markess International, s’illustre particulièrement en la matière avec 200 emplois créés en 2012 - dont une bonne partie liée à ses produits Cloud.
Sollicités à propos des événements qui les ont marqués durant l’année écoulée, les différents intervenants de la conférence ont notamment cité l’implantation d’OVH en Amérique du Nord. « Une société française qui va montrer aux Américains comment faire du IaaS ! », s’est enthousiasmé Mathieu Poujol, consultant Security, Cloud & Middleware Infrastructure chez PAC. Stéphanie Ortéga, associée chez KPMG, a pour sa part salué la levée de fond « impressionnante » de 140 millions organisée par l’hébergeur roubaisien. Et tous ont noté une croissance notable des principaux acteurs, externe ou organique. Là encore, OVH n’est pas en reste, qui a racheté fin 2012 la société Oxalya, spécialisée dans le calcul haute performance dans le Cloud (HPC).
Taquiné au sujet du Cloud souverain, qu’aucun intervenant n’avait spontanément évoqué, Alexandre Morel s’est réjoui : « S’il y a de la concurrence, c’est qu’il y a un marché ! » Avant d’ajouter : « Annoncer que le Cloud existe enfin en France, ce n’est pas sérieux. Depuis plusieurs années déjà, OVH propose des offres de Cloud Computing. Simplement, le terme n’était pas encore à la mode, et le Cloud français n’occupait pas le devant de la scène ! » Toujours est-il que le marché du Cloud vit une période cruciale : en 2012 le nombre de PC vendus est – pour la première fois – inférieur au nombre de smartphones et tablettes écoulées, deux supports moteurs de l’écosystème Cloud. Côté entreprise, l’adoption du Cloud Computing semble ne plus répondre exclusivement à des préoccupations économiques : l’optimisation des process est devenue un moteur dans l’adoption des solutions de virtualisation externalisées. En résumé, le marché semble plus mûr que jamais.

L’atelier qui portait sur la distribution des offres IaaS, PaaS et Saas a attiré les foules.

La distribution des offres Cloud : un sujet primordial

L’atelier « IaaS, PaaS, SaaS et distribution », auquel OVH participait, a fait salle comble. Il faut dire que le sujet est sensible : 5 % seulement des revendeurs IT seraient aujourd’hui revendeurs d’offres de Cloud Computing. « Les offres sont bonnes, le vrai problème c’est de les vendre », résume un participant. Alexandre Morel a pu apporter son éclairage sur la question : « Le métier d’OVH est de fournir la matière première, l’infrastructure. Charge aux resellers et intégrateurs de commercialiser des offres qui s’appuient sur nos briques. Logiquement, nous ne devrions pas intervenir à ce niveau de la chaîne de valeur. Mais nous constatons qu’un peu d’ingérence est indispensable : nos revendeurs ont besoin d’être accompagnés, formés, rassurés, mis en valeur. C’est pour cela qu’OVH a récemment lancé ses OVH Academy et son Marketplace, pour aider nos partenaires à vendre. Car ce sont eux qui tirent la croissance ! » Il faut dire que pour les revendeurs, le Cloud Computing est un vrai bouleversement : « Avant, ils vendaient du hardware et du software. Des boîtes. Aujourd’hui, ils vendent un service. Avec des conséquences sur les compétences qu’ils doivent acquérir, sur la gestion de leur trésorerie. Comment retrouver sa marge quand on facture ses clients mensuellement, avec des prix qui varient puisqu’ils sont fonction de l’usage et des contrats dont on ne connaît pas la durée ? C’est une vraie problématique ! Mais, avec une marge faciale de l’ordre de 25 % (contre 5 à 8 % pour le hardware et le software), le Cloud Computing promet de belles perspectives aux revendeurs qui sauront dépasser leurs appréhensions et opérer le changement dans leur business model. Avec le Cloud, les coûts baissent et les profits augmentent, donc la rentabilité peut être au rendez-vous ! »

Ce que veulent les DSI

« Qu’attendent les DSI du Cloud ? », tel était le thème du dernier atelier auquel OVH apportait sa contribution. À l’heure où les « DSI n’ont plus le choix », la question qui les agite n’est plus « pourquoi passer au Cloud ? » mais bien « comment y passer ? », ont rapporté les DSI présents. De même, alors que les préoccupations étaient jusque-là la sécurité et la performance, les critères de choix sont aujourd’hui différents. « Avec les certifications et les audits réguliers menés par des organismes de confiance, on est maintenant convaincus qu’un prestataire spécialisé est mieux à même que nous d’assurer la sécurité de nos données », confie Sylvain Leterrier, Advisory Services Director chez KPMG. Désormais, les DSI attendent de leurs applications Cloud qu’elles correspondent exactement à leurs besoins. Des besoins parfois complexes : « Nous voulons que les applicatifs s’adaptent à notre business, pas l’inverse. » Les applications doivent s’intégrer au système existant, et permettre de faire remonter des données qui existent par ailleurs dans l’entreprise. « Nous avons besoin de Cloud hybride. Actuellement, les normes d’interopérabilité sont quasi inexistantes. Comment va-t-on faire communiquer deux systèmes hébergés chez deux prestataires différents ? » Alexandre Morel a entendu ces interrogations et expliqué qu’OVH s’attache à fournir des solutions les plus ouvertes possible. Il a aussi rappelé combien le métier était transfiguré par l’irruption du Cloud Computing : « Le DSI devient l’urbaniste et l’architecte de son système d’information. Son périmètre d’intervention explose. » Dernière préoccupation des DSI – et non des moindres –, la prévision des coûts : « Comment estimer précisément les coûts d’une offre avec laquelle nous sommes facturés à la demande ? On demande de plus en plus souvent au DSI de financer les projets Cloud sur les économies réalisées par l’externalisation. Nous devons donc disposer de chiffres précis. Les fournisseurs doivent nous aider à faire rentrer les dépenses liées au Cloud dans nos tableaux de bord. » Si OVH travaille précisément à l’intégration de ces indicateurs au sein de son espace client, Alexandre Morel explique que les équipes de son entité Global Solutions Managed s’emploient d’ores et déjà à accompagner quotidiennement les entreprises dans leurs réflexions puis dans le transfert de leurs ressources informatiques dans le Cloud.

Cette journée de débats aura été également l’occasion pour certains des clients d’OVH de rencontrer des représentants de l’hébergeur « en chair et en os ». Comme l’a fait remarquer l’un d’entre eux, « avec OVH, tout peut se passer en ligne, sans contact humain. Alors on est heureux de pouvoir discuter avec quelqu’un, lui raconter nos projets. Et peut-être postuler pour intégrer le MarketPlace. » La preuve que l’écosystème du Cloud Computing n’a rien de virtuel : il s’enrichit sans cesse grâce à des rencontres bien réelles.

(1) Ces politiques dites de « Cloud First » contraignent les administrations à recourir au Cloud Computing dans l’optique de diminuer les coûts.
(2) DISIC : Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication.