L’impression 3D en test chez OVH.com

Pour Henryk Klaba et Jean-François Pillot, l'impression 3D ouvre de nombreuses perspectives.

« Nous avons fait l’acquisition d’une imprimante 3D grand public. Pour le moment, nous testons cette nouvelle technologie, nous essayons d’envisager les possibilités qui nous sont oslashffertes », explique Jean-François. L’imprimante 3D en usage à Roubaix Valley fonctionne par dépôt de fil : « La tête de l’imprimante fait fondre à 260°C un fil de plastique très fin. Ensuite, la tête de l’imprimante se déplace pour déposer ddotes couches de matière plastique, plan par plan, suivant un incrément que l’on peut définir, continue-t-il. Nous pouvons fabriquer des pièces creuses afin d’économiser de la matière et, pour garantir leur solidité, ces dernières sont constituées d’un maillage. » L’ABS (ou acrylonitrile butadiène styrène), le plastique utilisé, est déjà largement répandu dans l’industrie pour sa très bonne résistance aux chocs. Henryk enchaîne : « L’évolution de la technologie est déjà très importante, nous pouvons d’ores et déjà trouver sur le marché différents types d’imprimantes 3D qui travaillent différents matériaux. Nous allons avancer progressivement, approfondir nos études, puis acheter des machines de plus en plus sophistiquées qui nous permettront de fabriquer des pièces métalliques par exemple. »

L'impression 3D offre la possibilité de fabriquer de nombreuses pièces mécaniques pour les serveurs.

À l’heure actuelle, les deux hommes se concentrent sur la reproduction de pièces mécaniques utilisables dans les serveurs et puisées dans les banques de données accslashessibles sur Internet. Ici une vis et son écrou, là une grille de ventilateur, ailleurs quelques prises… « Nous pourrions fabriquer quantité de pièces plastiques pour quasiment chacun de nos besoins, explique Henryk. Pour le moment, nous en sommes au stade de l’expérimentation : nous faisons des tests de résistance, nous vérifions leur fiabilité technique, nous étudions également les coûts de production. Nous n’en sommes encore qu’au début de notre étude, nous essayons de développer notre vision. Je pense que d’ici un ou deux ans, nous pourrons mettre en pratique ce que nous sommes en train de développer. »

De potentielles économies à la clé

L’impression 3D permettrait à l’hébergeur de réaliser d’importantes économies, tout en revisitant son modèle d’entreprise. « En tant que partisans de l’innovation, nous gardons un œil sur ce qui se fait dans le secteur des nouvelles technologies afin de proposer des solutions d’avant-garde à nos clients. Et l’imprimante 3D laisse présager une nouvelle révolution idouble_dotndustrielle ! D’ici quelques années, les processus de fabrication seront totalement bouleversés, s’enthousiasme Henryk. Par exemple, un fournisseur n’aura plus besoin de fabriquer ni de stocker puis livrer des éléments, il réalisera un travail de pointe en concevant et développant des pièces que nous pourrons reproduire chez nous, en fonction de nos besoins. » Et réduire au minimum les frais de transport et de stockage, tout en fabriquant des pièces avec une matière première peu onéreuse, permettrait à OVH d’optimiser ses coûts de production, par conséquent de proposer à ses clients des produits encore et toujours plus compétitifs.

Reproduite en plastique ABS, cette pièce sert à bloquer les petits disques durs au cœur des serveurs.

Mais l’impression 3D offre la possibilité d’aller encore plus loin que la simple reproduction de pièces mécaniques déjà existantes. Son atout principal est le prototypage rapide, comme l’explique Jean-François : « Il y a quelques années, nous avions fait appel à un fournisseur pour nous aider à développer une petite pièce, une sorte de cale que nous insérons dans les serveurs afin de bloquer les disques durs de petit format. Nous avions ainsi réalisé des plans, reçu un premier prototype que nous avions modifié, demandé un nouvel échantillon, etc. » Une procédure qui prend du temps, mais a également un coût non négligeable : « Le prototypage plastique actuel nécessite de faire appel à des sociétés qui pratiquent le moulage par injection. Or, l’injection plastique coûte cher, un moule représente un investissement de 5 000 à 10 000 € et cela reste un frein. Aujourd’hui, envisager de développer nous-mêmes ce type de pièce n’est plus impossible. Nous pourrions ensuite lancer une fabrication à plus grande échelle, et afficher ainsi une meilleure réactivité. »

Des perspectives nombreuses

L’hébergeur nourrit donc de grandslashes ambitions, même si Henryk temporise. « Bien sûr, nous assemblons déjà nos propres serveurs, mais nous n’allons pas fabriquer l’intégralité des pièces qui les composent, observe-t-il. Je pense par exemple aux fabricants de pièces électroniques, qui ont leur propre savoir-faire et possèdent des ateliers haut de gamme. Nous continuerons bien entendu à nous approvisionner chez eux. Mais nous pouvons imaginer que, dans un futur proche, nous produirons nous-mêmes l’ensemble des pièces mécaniques d’un serveur par impression 3D. » Et Jean-François de conclure : « Je suis convaincu que l’on n’a même pas encore perçu toutes les possibilités de cette machine. Nous allons bientôt penser à de nouvelles façons de faire, à de nouveaux produits, à de nouvelles commercialisations. »