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Le 06 / 06 / 2013
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Dossier rédigé par Sophie Lavergne


140 millions d’euros pour 2 ans d’investissement


Vendredi 31 mai, OVH réunissait les banques ayant participé au premier crédit syndiqué sollicité par le groupe. Autour d’un « closing lunch », il s’agissait pour l’hébergeur de remercier ses partenaires bancaires de leur confiance et de leur volonté d’accompagner son développement. L’occasion pour nous de revenir en détail sur ce financement, avec Nicolas Boyer, directeur administratif et financier d’OVH.com à l’initiative du projet.



Pourquoi le choix d’un crédit syndiqué ?

Historiquement, pour soutenir nos investissements, nous nous appuyions sur des dettes bilatérales, c’est-à-dire, des accords financiers indépendants avec chacun de nos partenaires bancaires. Ils étaient déjà une dizaine et nous allions les voir, un par un, pour négocier des accords de financement au cas par cas.
Au vu des enjeux et des montants nécessaires pour accompagner la croissance d'OVH aujourd’hui, il est devenu capital de rationaliser notre organisation bancaire et d’avoir des conditions financières homogènes.
Le concept du crédit syndiqué est le suivant : on travaille avec 2 ou 3 banques, appelées « les banques arrangeuses », sur un contrat-cadre de dette, dans lequel sont négociées toutes les conditions (garanties, versement des fonds, coûts du crédit, engagements de chacune des parties, etc.). Généralement, deux à trois mois sont consacrés à cette négociation. Une fois un accord établi, l’entreprise et les banques arrangeuses proposent cette dette à un ensemble de banques.
Nous avons donc sollicité une quinzaine de banques auxquelles nous avons présenté le groupe, la dette telle que nous voulions la lever, puis nous leur avons donné 15 jours pour manifester leur intérêt. Au final, nous avons retenu un pool de 10 banques à hauteur de 140 000 000 d’euros, alors même que la souscription globale des banques invitées a été bien supérieure.






Quels avantages pour OVH ?

L’idée était de sécuriser nos investissements sur la durée et non plus de négocier tous les trimestres ou semestres en fonction de nos besoins. Nous avons donc demandé aux banques de s’engager à nos côtés sur deux ans. Cela s’est concrétisé par l’élaboration de ce qui s’appelle un « contrat de crédit », unique et identique pour tous nos partenaires.
Le principal avantage de cette opération est d’assurer l’indépendance du groupe et de maintenir son actionnariat 100 % familial. Aucune banque n’est entrée dans le capital, nous gardons liberté et réactivité. En outre, nos partenaires nous connaissent désormais bien, ils ont étudié notre dossier de manière très approfondie pour mener cette opération. Nous avons donc un pool bancaire solide qui peut, demain, être solidaire pour soutenir de nouveaux développements, une nouvelle croissance externe.


Quel a été le point le plus ardu dans cette négociation ?

Justement de demander à nos banquiers de nous prêter massivement de l’argent tout en maintenant le capital fermé. Le résultat nous montre bien qu’aujourd’hui, OVH est un acteur solide. Tout au long des échanges, nous avons ressenti motivation et énergie de la part des personnes qui ont instruit notre dossier dans chacune des banques. Avec la direction, nous avons constaté une volonté farouche de participer en respectant les contraintes posées ; nous avons mesuré les efforts de nos interlocuteurs pour bien comprendre notre business model. Ils ont aussi fait preuve d’énergie pour faire passer le dossier dans leurs comités de crédit.







En quoi est-ce un financement d’envergure inédite ?

Nous avons l’habitude de mener des projets industriels ambitieux, voire très ambitieux, et de nous exposer sur notre marché, auprès de nos clients. Mais moins sur le marché financier. C’était véritablement un challenge.
Cette opération ne constitue pas un saut quantitatif de nos investissements. Depuis deux-trois ans déjà, nous investissions des sommes similaires. C’est un tournant sur la forme et sur la visibilité dont nous disposons à présent.


À quoi précisément vont servir ces 140 millions ?

À financer 200 millions d’investissements, sachant que nous en autofinançons 60. Nous allons donc poursuivre le développement de nos datacentres en Amérique du Nord et en Europe, et continuer d’investir dans les infrastructures et le réseau d'OVH. Nous allons pouvoir étoffer nos offres de Cloud Computing et solutions télécoms pour accompagner nos nouveaux clients.
Nous sommes sur un secteur à très forte croissance, avec un business model d’investissement, très « cash burning » (consommateur de trésorerie). Il faut donc être capable d’accompagner ce besoin capitalistique, avoir la capacité d’investir et celle de rembourser ses dettes, tout en restant indépendant.




Zoom en images sur le « Closing Lunch »