OVH et OVH US : working together

OVH et OVH US : working together

Avec la création d’OVH US, le groupe développe sa présence sur le marché le plus important et le plus mature au monde. Un véritable défi, d’autant plus pour une entreprise dont la croissance était uniquement organique jusqu’à maintenant. L’enjeu est de taille mais le défi particulièrement motivant car tout le monde a à y gagner, le groupe, sa croissance et ses clients, comme l’expliquent Russell Reeder, président et PDG d’OVH US, et John Gazal, directeur de transformation pour OVH.

 

Pourquoi OVH a-t-il décidé de poser le pied sur le sol américain?

Russell Reeder – Sur l’échiquier mondial de l’hébergement cloud, la part des États-Unis est estimée à 57 %. Important économiquement, ce marché est aussi le plus mature car la plupart des entreprises n’en sont plus à la première génération de cloud, même les plus petites. Les clients savent précisément ce qu’ils veulent et leur niveau d’attente est particulièrement conséquent. OVH se confronte donc au marché le plus exigeant en matière de services infonuagiques. Un défi de taille, mais qui permet à tout le groupe de progresser. D’autant qu’OVH dispose de sérieux atouts, comme son niveau d’automatisation, son réseau en fibre optique hypersécurisé, ses propres centres de données sur les côtes Est et Ouest américaines, l’expertise des collaborateurs, des technologies « vertes » et une culture du meilleur ratio entre la performance et le prix des offres. C’est aussi un état d’esprit qu’OVH importe aux États-Unis.

John Gazal – Pour une entreprise en hypercroissance comme OVH, cette implantation sur un marché aussi important constitue une progression logique. Beaucoup d’innovations y sont nées et nos principaux concurrents y sont présents. Nous avons beaucoup à apprendre de ce marché, pour progresser mieux et plus vite. Après notre implantation au Canada, il s’agissait également d’un pas naturel. À travers l’acquisition de vCloud Air, nous démarrons avec une base existante de grands comptes et, surtout, nous comptons sur une équipe de grands professionnels.

 

Comment avez-vous appréhendé le choc culturel ?

John Gazal – Le véritable défi n’est pas tant sur les différences culturelles, mais sur l’intégration de deux équipes avec des cultures d’entreprise très différentes. Historiquement, OVH a grandi de façon organique, capitalisant sur ses talents pour insuffler son état d’esprit dans de nouvelles géographies. Avec l’intégration de l’équipe aux US, nous avons décidé de voir le défi du choc des cultures d’entreprise comme une opportunité pour mettre à l’épreuve nos façons de penser et de travailler. Nous avons lancé le programme « Working Together », qui a été un véritable pont d’écoute et d’union entre les deux cultures et les équipes. Par exemple, comme nombre d’acteurs technologiques, OVH a historiquement eu une culture très axée sur les produits. Nos collègues américains sont des experts produits, mais ils ont une culture beaucoup plus axée sur le client. Cela se reflète dans leur organisation, leurs processus, leur gestion des équipes et même leur langage!

Russell Reeder – Ce pied posé sur le continent américain représente une étape importante, si ce n’est nécessaire, dans le développement d’OVH. C’est une opportunité de se jauger sur son évolutivité, ses processus, sa feuille de route, etc. Il nous faut aussi intégrer l’état d’esprit américain « all about execution » (tout est une question de mise en oeuvre) pour atteindre nos ambitions.

 

Quels sont les points clés de la réussite d’une telle entreprise?

Russell Reeder – Étant donné la maturité du marché, les clients ont des attentes élevées en matière de produits et de services. Ils veulent que ce soit simple, que ça aille vite et que ce soit innovant. Nous devons donc vraiment nous focaliser sur les besoins du client, ses attentes, ses problématiques, ses idées. Tellement d’entreprises européennes se sont cassé les dents sur le marché américain, surtout dans le secteur des nouvelles technologies…

John Gazal – Outre notre capacité à satisfaire les attentes exigeantes du marché américain, notre succès passe aussi par le talent humain. OVH s’appuie aux États-Unis sur une équipe de collaborateurs très expérimentés, qui évoluent dans le marché de l’infonuagique depuis de nombreuses années et sont dirigés par des professionnels reconnus. Ils en connaissent donc tous les tenants et aboutissants, et constituent une ressource précieuse pour le développement d’OVH aux États-Unis. Ils bénéficient pour cela d’une grande autonomie tout en travaillant de concert avec le reste du groupe.

 

Où en êtes-vous sur votre feuille de route ?

Russell Reeder – L’expression qui me vient en tête est typiquement anglo-saxonne : « Cooking with gas. » Cela signifie de performer après une longue période d’incertitude. Notre feuille de route passait d’abord par la mise en place d’une structure américaine juridiquement isolée, afin de s’assurer que les données des autres clients restent protégées – ce que nous avons fait. Ensuite, nous devions développer plus largement notre notoriété. Le rachat de vCloud Air de VMware a été en ce sens un formidable accélérateur de visibilité pour la marque OVH. Nous avons aussi ouvert notre premier centre de données sur la côte Est et peaufiné nos services. Enfin, nous avons ouvert notre deuxième centre de données sur la côte Ouest. Aujourd’hui, les étoiles sont alignées et les premières offres de serveurs dédiés sont disponibles. Nous allons à présent lancer d’autres produits, Cloud Privé, Cloud Public et VPS, en s’assurant qu’ils répondent bien aux attentes des clients et de leurs standards.

John Gazal – Se projeter à l’international reste toujours une aventure complexe, pour des raisons linguistiques, culturelles, marketing, juridiques, financières… C’est d’autant plus vrai sur le marché le plus développé au monde. Nous avons déjà parcouru beaucoup de chemin et relevé de nombreux défis. L’aventure américaine s’est révélée certes beaucoup plus complexe que le lancement dans une nouvelle zone en Europe, mais nous avons su y faire face avec la passion et l’engagement si propres à l’état d’esprit OVH. Un nouveau chapitre s’ouvre pour notre entreprise mais surtout pour nos clients. Bref, si nous connaissons le succès, nos clients le connaîtront aussi, et c’est notre plus belle récompense !