BHS passe la seconde

Fabrice Fossaert, responsable d’exploitation de BHS.

Un déploiement progressif, qui s’accélère avec la demande

Le centre de données BHS, implanté au sein des anciens bâtiments de l’aluminerie Rio Tinto Alcan, occupe une surface de 60 000 m2 dans le parc industriel de Beauharnois. Pour réemployer le site et le mettre en service, OVH.com a investi 30 millions de dollars en 2012, sur les 130 prévus à terme. Un déploiement progressif, dont le rythme s’adapte à la demande des clients. Ainsi, les 36 tours de serveurs envisagées, d’une capacité de 10,000 machines chacune, sont construites au fil des besoins. Avec, évidemment, le souci d’anticiper la demande pour pouvoir la satisfaire sans délai. C’est pourquoi les équipes d’OVH.com s’activent depuis quelques jours déjà pour préparer l’édification de BHS2, qui accueillera dès juillet les serveurs assemblés sur la propre chaîne de production de l’hébergeur, elle aussi installée sur le site de Beauharnois. « Le plan se déroule tel que nous l’avons imaginé, mais son exécution est plus rapide que prévu », commente Fabrice Fossaert. Enfin, côté réseau, la montée en charge est accueillie sereinement : les serveurs de BHS en activité consomment une bande passante avoisinant les 30 Gbps, sur les 520 Gbps disponibles sur l’ensemble du réseau nord-américain d’OVH.com, récemment upgradé.

Le site industriel de Beauhanois, avant sa réaffectation par OVH.com

Des installations fiables même par -30°C (-22°F)

L’hébergeur a développé ses technologies de refroidissement des serveurs conjuguant l’eau et la ventilation naturelle sous le climat tempéré du Nord de la France. Aussi, ce rigoureux hiver québécois fut une véritable mise à l’épreuve des installations : « Grâce à la bonne isolation de la tour BHS1, nous sommes parvenus à maintenir une température idéale dans les salles, de l’ordre de 20°C (68°F) à 25°C (77°F). L’hiver, les arrivées d’air extérieur sont obstruées, l’air chaud est extrait des salles, puis évacué. Le système fonctionne parfaitement », se réjouit Fabrice Fossaert.

La neige, tombée en abondance cet hiver, n’affecte pas le moral des troupes...

Des clients nord-américains, mais pas seulement

La filiale nord-américaine d’OVH.com gère aujourd’hui un parc de plus de 7,000 serveurs. Parmi les clients, on dénombre près de 50% de canadiens et d’américains – la cible principale de l’hébergeur. Les 50 autres pour cent sont constitués de clients originaires d’Europe, de pays d’Amérique du Sud, et plus récemment d’Asie. « Chaque semaine, nous enregistrons des pics de commandes provenant d’un pays différent : l’Australie, le Mexique, le Brésil, l’Inde, la Thaïlande. Et, tout récemment, la Chine, où les moyens de paiements tels que la carte Visa ou PayPal sont pourtant peu développés. On observe régulièrement le même phénomène : un utilisateur influent vante nos services sur les forums de son pays, et s’ensuivent des dizaines de commandes en quelques jours, provenant d’une même zone géographique », explique Jérôme Arnaud. Il s’avoue d’ailleurs étonné par la proportion de clients hors Canada et USA. Un imprévu qui entraîne certains effets secondaires : « Avec le jeu des fuseaux horaires, les clients asiatiques sollicitent le support principalement au beau milieu de la nuit. Nos équipes sont disponibles 24/7/365, mais de ce fait certaines soirées sont plus chargées que nous le prévoyions initialement. »

BHS héberge déjà 5,000 serveurs, sur lesquels les techniciens du centre de données veillent 24/7/365.

Le bouche à oreille fonctionne à plein

La croissance de l’activité d’OVH.com en Amérique du Nord est soutenue par la constitution progressive d’une véritable communauté. « À Montréal [où OVH.com disposent de bureaux, NDLR], lorsque les salariés viennent travailler en métro vêtus de T-Shirt ou chemises marqués d’un logo OVH.com, ils se font régulièrement interpeller. Les gens ont vu les communiqués dans les journaux et sont curieux d’en savoir plus sur cette société qui fait grand bruit dans la région », rapporte Jérôme Arnaud. « Si OVH.com bénéficie maintenant d’une certaine notoriété locale, il faut aussi souligner le poids du bouche-à-oreille - version 2.0 - sur les forums tels que webhostingtalk.com ou encore sur Twitter. » Ce phénomène n’est pas sans rappeler les débuts d’OVH.com en France, qui a historiquement très peu communiqué, préférant se concentrer sur l’innovation et la baisse des coûts. Des arguments qui n’ont pas besoin d’être affichés partout pour circuler efficacement..

Des tarifs qui interpellent

Les prix pratiqués par OVH.com, bien en-deçà des prix du marché nord-américain, génèrent encore de l’étonnement. Et quand les prix ne sont pas directement le motif des incompréhensions, ce sont les configurations des serveurs : « Disposer de 16 Go de RAM d’office, pour un serveur à 59$/mois, c’est du jamais vu ici. Ailleurs, pour le même prix, les machines sont équipées d’une mémoire de 1 ou 2 Go, que l’on peut augmenter moyennant finance. Dans ce contexte, OVH.com apparaît comme un OVNI sur le marché de l’hébergement », explique Jérôme Arnaud. Parmi les questions récurrentes des prospects, figure celle de savoir si les prix affichés par OVH.com sont durables ou constituent des prix d’appel, voués à être augmentés ultérieurement. « Lorsque l’on répond à ces personnes que nos prix seront maintenus dans le temps, ils ne baissent pas la garde pour autant. Ils nous questionnent alors sur d’éventuels frais cachés, inexistants chez OVH.com. Il faut s’entretenir longtemps avec ces futurs clients pour les rassurer, et souvent aller très loin dans les explications concernant les innovations et le modèle économique qui nous permettent d’être aussi compétitifs. »

Capture d’écran du site www.ovh.com/ca/fr. Les tarifs de l’hébergeur interpellent !

« Les clients nous testent »

Une fois rassurés, les clients sont néanmoins nombreux à tester l’hébergeur, relate Jérôme Arnaud : « On remarque qu’un certain nombre d’utilisateurs commencent par louer un petit serveur, de type KS ou SP. Ils explorent le manager de fond en comble, éprouvent les capacités de leur machine, mesure la qualité de la bande passante… Ensuite, ils nous contactent, à plusieurs reprises, au beau milieu de la nuit. Sous le prétexte d’une question anodine, ils souhaitent en réalité tester les compétences du support, sa disponibilité, sa réactivité. Puis, à la fin du 1er mois, ils libèrent leur machine et optent pour un ou plusieurs serveurs plus puissants et coûteux, pour y héberger leurs applications. Les clients sont exigeants, ils tiennent à vérifier par eux-mêmes la qualité du service OVH.com avant de changer d’hébergeur ! »

Le support commercial et technique, situé dans les bureaux d’OVH.com à Montréal, réceptionne les appels et demandes des clients de l’hébergeur, à toute heure du jour et de la nuit.

Des offres de Cloud Computing bientôt disponibles

Un béta test est en cours, réunissant une cinquantaine de volontaires. « Celui-ci permet de valider techniquement l’offre PCC à venir (équivalent de l’offre Private Cloud en Europe), et d’adapter les fonctionnalités à des besoins qui apparaîtraient comme spécifiques au marché nord-américain », détaille Jérôme Arnaud. Après quoi l’offre sera officiellement commercialisée. Dans les tuyaux également, l’option « baie virtuelle » (VRACK) ainsi que le développement de l’offre de stockage, avec les NAS.

3 nouveaux centres de données sur le continent Américain à l’horizon 2015-2017

Avec 21 millions de mètres carrés (plus de 2 fois l’Europe), l’Amérique du Nord est un vaste territoire. Dans l’optique de rapprocher physiquement les serveurs de leurs utilisateurs, OVH.com projette d’ici 2015-2017 la construction de 3 nouveaux centre de données sur le sous-continent. Des implantations sont à l’étude au Canada, mais aussi aux USA. Il s’agit, d’une part, de faire gagner quelques précieuses millisecondes aux clients lorsqu’ils accéderont à leurs machines. D’autre part, si certains clients désirent soustraire leurs données au Patriot Act en les hébergeant hors du territoire américain, il en est d’autres pour qui la présence des machines sur le sol des États-Unis est un souhait, voire une obligation légale. Par exemple pour les administrations, soumises au « Buy American Act », une réglementation fédérale protectionniste qui impose de recourir à des produits américains dans le cadre d’achats gouvernementaux, voire de certains projets financés par des fonds publics.

L’aventure américaine d’OVH.com se poursuit donc, emmenée par des équipes plus motivées que jamais, à l’image d’Octave Klaba qui confiait récemment sur son compte Twitter que « le marché américain est juste trop excitant ! »

Pour aller plus loin

En savoir plus sur le datacentre BHS et OVH en Amérique du Nord :
BHS, un "american dream"
Le premier serveur livré en Amérique du Nord
Beauharnois, les premiers tests prévus courant mars