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Le 23 / 10 / 2012
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Article rédigé par Sophie Lavergne


Dans les coulisses du Centre Pompidou virtuel


Dans les coulisses du Centre Pompidou virtuel

12 millions d’euros, 5 ans et 3 mécènes (Pernod Ricard, CGI et OVH) auront été nécessaires à la réalisation du Centre Pompidou virtuel, lancé le 4 octobre dernier. Rémy Vandepoel est un des architectes systèmes d’OVH/Global Solutions (GS) qui a conçu la plateforme d’hébergement du projet dans le cadre du mécénat technologique d’OVH. Quelques jours après la présentation du site à la presse, il revient sur sa mission.



Comment vit-on le lancement quand on est responsable technique d'un tel projet ?

Dans le stress ! Nous avons mis en production 48h seulement avant la cérémonie officielle. L’équipe du Centre Pompidou a souhaité mettre le site à disposition des Internautes avant de faire l’annonce, afin de ne pas décevoir le public avec une page « à venir ». Il fallait que ce soit fonctionnel tout de suite. Bien sûr, nous avions déjà fait des tests de charge, mais la première épreuve de réalité a eu lieu en direct, pendant l’événement. Une démonstration devant un parterre de personnalités politiques et de journalistes, avec cinquante personnes qui téléchargent en même temps une vidéo sur le wifi de la pièce. Mes émotions étaient à la hauteur de l’événement : énormes !








En quoi ce projet est-il une première très attendue ?

Par son ampleur. Le nombre et la variété de contenus qu’il est prévu de mettre dans la base de recherches franchissent un niveau encore jamais atteint. Les oeuvres, les carnets, les esquisses, les notes des artistes, tout, absolument tout a été numérisé. Le musée virtuel recense des tableaux, des sculptures, ainsi que des contenus autour des oeuvres comme des interviews de commissaires d’exposition, des fichiers aussi bien audio que vidéo. D’autres musées dans le monde attendent de voir le résultat pour s’y mettre.


Sur le plan technique, quel a été le principal challenge à relever ?

OVH/GS est intervenu pour définir la plateforme d’hébergement du contenu la plus adéquate avec le projet. Et notre mission ne s’arrête pas là, nous devons également maintenir cette plateforme dans le temps. La grande majorité des données est stockée chez nous. L’initialisation des données a été la première phase sensible. Nous sommes allés les chercher à Paris, nous les avons récupérées, puis importées manuellement dans notre datacentre. Imaginez : quelques teraoctets et quelques dizaines de millions de fichiers ! Toutes les photos ont été prises en très haute définition et de telle sorte qu’il est possible de zoomer tout en conservant la qualité HD. C’est une pression particulière de stocker des données qui appartiennent au patrimoine mondial de l’humanité. Notre responsabilité sur le contenu est en jeu puisqu’il constitue la ressource de base du site et que la vocation du musée est de le transmettre. Il est inconcevable qu’il soit altéré ou qu’une faille empêche de le récupérer. C’est pourquoi le stockage est hyper-sécurisé.


Quelle est la spécificité de l’architecture déployée par OVH/GS ?

C’est sa capacité à évoluer. Tous les jours ou presque, le Centre Pompidou envoie de nouveaux documents numérisés à intégrer. Dernières acquisitions du Centre, nouveaux artistes, etc. Les briques sont posées, mais il s’agit d’art contemporain, en train de se faire. La plateforme numérique doit être à son image, vivante. Si le contenu n’est pas actualisé, les visiteurs seront déçus et le site mourra. L’objectif est d’apporter le maximum d’informations sur l’art contemporain, les artistes, la culture. Je crois que, du point de vue du Centre Pompidou, le pire serait de ne pas pouvoir apporter une information à jour. De notre côté, il nous faut donc prévoir d’ajuster les ressources.


Concrètement ?

Nous avons accompagné le Centre Pompidou dans une phase de test de charge pour connaître la quantité de visiteurs que l’infrastructure était capable d’absorber. Nous avions besoin d’en avoir une idée précise pour anticiper le lancement d’une grande exposition, comme ça a été le cas pour Munch, par exemple. Nous avions un objectif de x visiteurs simultanés sur le site et d’autres paramètres assez complexes. À partir de là nous avons pu identifier certains points qui se recoupaient sur les serveurs et isoler certaines briques. Finalement, nous nous sommes rendu compte qu’il était possible soit de les augmenter, soit de les cloner pour pouvoir faire grandir l’infrastructure et la rendre totalement modulaire. Si on envisage de multiplier par 10 le trafic, il suffira de multiplier par 10 le nombre de machines. Idem pour le stockage. Nous sommes donc dans une architecture qui peut évoluer selon les deux dimensions : selon la fréquentation du site et selon le poids des données, c’est-à-dire la quantité d’oeuvres qui vont être numérisées. Sur ce projet, nous avons bien conscience de n’en être encore qu’au tout début. Il ne faut pas considérer les données actuellement stockées comme celles qui le seront à moyen terme. Nous sommes à temps zéro, il faut voir plus loin. C’est un partenariat sur 3 ans.








En dehors des pushs réguliers du Centre Pompidou, quelles sont les échéances importantes à venir ?

Chaque fois qu’il y aura une grande exposition ou un hors les murs. Les événements seront l’occasion d’ajouts importants. Les nouvelles expositions pourront, par exemple, être accompagnées d’un « making off » qui sera disponible sur le site. Le centre Pompidou virtuel est conçu comme un outil de communication à part entière.


Et sur le plan humain, que retenez-vous de ce partenariat ?

La cohésion entre les différentes équipes, même si nous n’avons pas tous les mêmes centres d’intérêt. L’équipe de communication du Centre Pompidou qui était en relation avec nous avait une idée très précise de ce que devait être le produit final. Le comportement du site sur la plateforme a donc été pour nous un axe de travail primordial notamment. Nous avons vraiment travaillé main dans la main avec les collaborateurs du Centre. Même chose avec les équipes de Logica qui étaient en charge du développement du site. Tout s’est fait de façon intelligente au quotidien, nous partageons tous la même vision globale de ce que le Centre virtuel doit être et nous avançons tous ensemble. Peut-être que la nature du projet et le contexte du mécénat ont leur part dans cet engouement. Le sentiment de travailler pour une cause et l’envie de faire du mieux possible…