Vu d'ici | Le 06 / 02 / 2012Regards croisés sur le développement mobile
 | Yassine et Cyril ont conçu les applications Android et iPhone d’hubiC. Ils reviennent sur cette expérience, qui a débuté au mois d’octobre 2011. |
Ils étaient dans les mêmes starting-blocks. Leur objectif ? Concevoir une application mobile pour hubiC en moins de trois mois. Et ils ont franchi simultanément la ligne d’arrivée ! Pourtant, nos deux développeurs marathoniens ont emprunté des chemins bien différents. Cyril, déjà auteur de l’application MoMi pour iPhone et iPad, a une nouvelle fois utilisé les outils de développement d’Apple. Yassine, lui, a exploité les différents kits conçus pour Android. « Notre point de départ, c’était un petit document où étaient dessinées des fenêtres, raconte Yassine. Grâce à cette succession d’écrans, nous savions à quoi nos applications devaient ressembler. Notre directeur artistique a ensuite réalisé des maquettes plus rigoureuses, où figuraient les noms des champs, les paramètres d'entrée, la séquence exacte des écrans, etc. Cette base nous a permis de garder une cohésion entre les versions Android et iPhone. » |
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 | Problèmes de protocoleLes deux développeurs ont toutefois émis le même doute : comment faire communiquer leur programme avec les infrastructures d’OVH, qui utilisent le protocole WebDAV ? « J’ai regardé si quelque chose existait déjà sur iOS, mais ce n’était pas le cas, témoigne Cyril. J’ai donc dû recoder quasiment l’ensemble du protocole WebDAV pour l’iPhone. Et avant de développer, j’ai épluché de nombreux documents pour lister toutes les requêtes possibles. Cela m’a permis de savoir ce qu’il était possible de faire, ou non. » De son côté, Yassine s’est heurté à la fragmentation de son OS. « Il existe trois versions majeures d’Android : 2.x, 3.x et 4.x. Lorsque j’ai commencé mes développements, j’ai travaillé sur la version 2.3, qui est celle de mon téléphone de test. Mais avec l’équipe, on s’est aperçu que si l’on voulait toucher le plus grand nombre de personnes, il était préférable de se baser sur la version 2.1. Ce fut alors la panique : le prototype de mon application, qui fonctionnait très bien en 2.3, ne tournait plus en 2.1. J’ai dû revoir toute la partie communication avec les serveurs en WebDAV. » |
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Liberté surveilléeAprès beaucoup de persévérance, Cyril et Yassine ont livré les premières versions fonctionnelles d’hubiC pour iPhone et Android. Chacun a dû composer avec les spécificités de son OS. « C’est au niveau des fonctionnalités que j’ai été limité, explique Cyril. Le système iOS n’est pas aussi ouvert qu’Android. Par exemple, pour uploader un fichier, l’utilisateur n’a accès qu’à sa librairie de photos. Impossible de charger de la musique, par exemple. Et nous ne pouvons pas contourner ces bridages, car Apple vérifie l’application avant de la publier sur l’App Store. » Yassine n’a pas fait face à ce genre de problèmes : « Android est un OS ouvert, on peut faire ce que l’on veut, ou presque. » Mais cette liberté à un prix : « Il existe une large gamme de téléphones et les constructeurs agissent tous différemment. Il arrive donc qu’une même fonctionnalité marche sur un appareil, et pas sur un autre. On a alors tendance à avoir le même réflexe que sur iPhone, c’est-à-dire se limiter strictement aux opérations prévues par Google. » |  |
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 | Pas de « guéguerre »Cyril et Yassine seraient-ils prêts pour autant à développer sur l’autre plateforme ? « Sans aucun problème ! », répondent-ils en chœur. « C’est surtout au niveau des utilisateurs qu’il y a cette guéguerre », précise Cyril, avant de louer le système concurrent : « On trouve davantage de librairies externes sur Android. Il y a une grande communauté de développeurs, qui partage beaucoup. Alors que sur iOS, on doit toujours faire sa sauce soi-même. Chacun travaille dans son coin et on perd beaucoup de temps… » « Mais l’avantage d’iOS, reprend Yassine, ce sont ses règles ergonomiques. Les utilisateurs ont l’habitude de ce mode de fonctionnement et ne sont jamais perdus. Je pense notamment au petit bouton “Retour” en haut à gauche, qui est toujours à cet endroit. Sur Android, cela n’existe pas. Cet aspect est laissé à la libre interprétation du développeur, qui peut faire tout et n’importe quoi. » |
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Pas de nouvelle, bonnes nouvellesFin décembre, tout était prêt pour accueillir les premiers utilisateurs. Mais l’engouement était tel que les serveurs d’OVH ne pouvaient pas répondre à la demande. « Le problème, c’est que les utilisateurs ne voient que l’application en frontal, déplore Yassine. Ils ne comprennent pas qu’il y a toute une infrastructure derrière. Et quand celle-ci ne marche pas, pour eux, c’est l’application qui est en cause. Donc le décollage a été difficile. Nous avons eu beaucoup de notes négatives sur l’Android Market. » « Pareil sur l’App Store, renchérit Cyril. D’ailleurs, en seulement deux jours, nous avons recueilli autant de commentaires sur hubiC que sur MoMi en une année ! Heureusement, la situation s’est vite améliorée. Nous avons beaucoup moins de retours maintenant. Comme les utilisateurs prennent rarement le temps d’écrire quand ils sont satisfaits, c’est donc signe que ça va mieux ! » |  |
Article rédigé par Christophe Brunet|